Dans une inversion des rôles, celui où c’est la jeune startup qui vole des informations au géant, Apple a déposé plainte contre Rivos le 29 avril pour le vol d’informations confidentielles, d’après l'agence Reuters. La société suspecte est née en 2021 et revendique sur son site être en « Stealth Mode », mode furtif.

La Silicon Valley et son univers impitoyable

Les accusations, suspicion de vol de propriété intellectuel, font presque partie du quotidien de l'économie numérique, néanmoins l’affaire d’Apple est plus inédite : une startup d’à peine un an aurait récupéré des données de Cupertino pour développer un système concurrent.

En l’occurrence Apple accuse Rivos d’avoir chapardé les secrets de fabrication de ses SoC, ou système sur puce. Il s’agit d’un circuit intégré composé de plusieurs éléments, comme de la mémoire, des microprocesseurs, des unités de traitement graphiques…

Pour réaliser ce coup, David aurait chipé à Goliath plus de 40 anciens employés, dont de nombreux ingénieurs spécialisés dans la conception des SoCs. Il s’agit là encore d’un grand classique de la Silicon Valley, où les cerveaux sont une ressource précieuse et avidement recherchée.

La plainte d’Apple cite nommément deux de ses ex qui seraient partis avec des gigaoctets d’informations confidentielles dans leurs besaces. Évidemment, des milliers de documents contiendraient des secrets de fabrication des SoCs de la marque à la pomme. D’autres salariés auraient emporté des informations et même tenté d’effacer leurs traces visibles sur leurs appareils Apple.

Apple veut qu’on lui rende ce qui lui appartient

Pour Apple, Rivos a mis en place une stratégie délibérée visant à débaucher ses ingénieurs pour s’emparer de ces secrets et développer des SoCs concurrents. Cupertino dit avoir consacré des milliards de dollars et plus de 10 ans en recherche et développement pour des SoCs qui auraient « révolutionné le monde de l'informatique personnelle et mobile ».

Dans la plainte déposée auprès d’un tribunal fédéral californien, Apple a demandé que Rivos soit empêché d’utiliser ses informations confidentielles, exigé que ses anciens employés restituent les biens de l’entreprise et des dommages et intérêts au montant non divulgué.