Depuis l’officialisation d’un accord pour le rachat de Twitter par Elon Musk, le 25 avril, l’action de Tesla a perdu 12% de sa valeur, environ 100 milliards de dollars. Le 26 avril a été la pire baisse quotidienne du cours depuis septembre 2020. Les craintes des investisseurs sont certes multiples, mais attention, la volatilité du cours du constructeur automobile est légendaire.

Les sources de doutes des investisseurs de Tesla

44 milliards de dollars. Réunir une pareille somme n’est jamais simple, même si l’homme le plus riche du monde est parvenu à cet exploit rapidement. C’est ici que le bât blesse. La richesse de Musk est en partie théorique, basée sur la valeur de l’action Tesla, et donc sensible aux fluctuations de celle-ci.

Parmi les 21 milliards de dollars payés en capitaux propres, Elon Musk risque de devoir vendre un certain nombre d’actions. Sur les 17% de Tesla qui lui appartiennent, environ 175 millions de titres, il devrait en vendre 24 millions pour obtenir la somme. Voilà de quoi susciter des frissons, plus ou moins justifiés, à quelques investisseurs.

Cette option en est une parmi d’autres. Une telle opération doit être déclarée au gendarme boursier américain, la Securities and Exchange Commission (SEC). Jim Cramer, animateur d’une émission sur la bourse sur CNBC, a expliqué au New York Times que cela pourrait prendre plusieurs jours.

La deuxième explication de cette baisse du cours est toujours en lien avec l’argent nécessaire au rachat. Sur les 25,5 milliards de dettes contractées par Elon Musk, 12,5 milliards sont basés sur les actions Tesla. Si le titre décroche, les banques pourraient exiger une vente massive et brutale du milliardaire, susceptibles de perturber l’opération.

Enfin, certains investisseurs redoutent probablement de voir un PDG presque adulé, avoir un autre centre d’intérêt que Tesla. L’amour d’Elon Musk pour Twitter, ses activités à la tête de SpaceX, Boring Company, Neuralink, en plus cela fait beaucoup dans un moment où Tesla aurait pourtant besoin d’attention.

Malgré un très bon trimestre 2022, le constructeur automobile traverse comme les autres une période difficile. La hausse du prix des matières premières pour les batteries, la pénurie de semi-conducteurs qui n’en finit plus, la politique 0 Covid en Chine et surtout à Shanghai qui nuit aux ventes et à la production…

Tesla n’est pas forcément très rassurant dans son dernier rapport trimestriel. Le New York Times rapporte cet aveu à peine croyable, « Nous sommes très dépendants des services d'Elon Musk, techno-roi de Tesla et notre président-directeur général. Bien que M. Musk consacre beaucoup de temps à Tesla et soit très actif dans notre gestion, il ne consacre pas tout son temps et toute son attention à Tesla ».

Tesla n’a pas seulement perdu de la valeur depuis le 26 avril, mais depuis le début du mois. Une chute de 20% à partir du 4 avril, jour où Elon Musk révèle être devenu l’actionnaire majoritaire de Twitter. Une perspective qui a, semble-t-il, perturbé les actionnaires de Tesla.

Les investisseurs de Tesla ont mal accueilli l'intérêt d'Elon Musk pour Twitter. Crédit : Google

Rien de vraiment alarmant

Une fois que tout cela est noté, il convient de relativiser, avertit Jim Cramer. Le cours de Tesla est connu pour faire des hauts et des bas constants. Beaucoup soupçonnent l’entreprise d’être surévaluée, y compris Elon Musk.

Si la perte de 12,2% du 26 avril est la chute la plus spectaculaire depuis 2020, deux chutes approchant les 12% se sont produites en novembre 2021 et fin janvier 2022. Par ailleurs, Elon Musk a déjà vendu massivement des titres, 15 millions pour 16 milliards de dollars en 2021, sans avoir eu d’influence particulière sur le cours.

La valeur de Tesla sera scrutée les prochains jours, lorsque la SEC révélera comment Elon Musk va payer sa part pour Twitter. Attention toutefois à ne pas surinterpréter trop vite la moindre variation.