Les autorités antitrust américaines ont décidé ces dernières années de surveiller de beaucoup plus près les rachats opérés par les GAFAM. Google et Mandiant peuvent le constater : le département de la Justice américain (DOJ) a demandé (pdf) le 20 avril des informations supplémentaires sur le projet de rachat du second par le premier annoncé il y a un peu moins de deux mois.

Les GAFAM sous surveillance

Il fallait s’y attendre. Le rachat d’une des entreprises star du secteur de la cybersécurité par le géant Google pour 5,4 milliards de dollars allait attirer l’attention des autorités antitrust américaines.

Le document public de la Securities and Exchange Commission (SEC), repérée par The Register, ne dit rien sur la nature des documents attendus par le département de la Justice. Difficile, de ce fait, d’identifier un éventuel point d’achoppement et son niveau de gravité pour la conclusion du rachat de Mandiant.

Google a réussi, début mars, à griller la priorité à Microsoft pour mettre la main sur la société. L’objectif de l’entreprise est de renforcer l’offre de son cloud public avec des outils de cybersécurité de premier plan. Un avantage concurrentiel sur Amazon Web Services et Microsoft Azure.

Grâce à Mandiant, Google Cloud pourra proposer à ses clients la possibilité de renforcer ses capacités de détections des menaces, de renseignement, obtenir des outils d’automatisation de défense.

Le document de la SEC rapporte que Mandiant et Google « prévoient de répondre rapidement » aux nouvelles demandes des autorités américaines et « de continuer à travailler en coopération avec le DOJ dans le cadre de son examen de la fusion ».

Google veut conclure son affaire en 2022

Le rachat ne devrait, cependant, pas poser de difficultés majeures, tout du moins de ce côté-ci. Le secteur de la cybersécurité ne connaît pas de problèmes monopolistiques. En revanche, un actionnaire de Mandiant a porté plainte peu après l’annonce de l’opération devant un tribunal fédéral, à New York.

Il estime que Mandiant a publié des déclarations incomplètes et trompeuses à destination des investisseurs, dans les documents financiers déposés auprès de la SEC. Une épine dans le pied de Google pour finaliser le rachat dès cette année.