L’Administration du Cyberespace de Chine (CAC) a annoncé le 8 avril le début de la campagne officielle « Réglementation Qinglang de la gestion globale des algorithmes en 2022 ». L’objectif de celle-ci est d’enquêter sur la sécurité pour les données personnelles des algorithmes utilisés par les entreprises technologiques, et de corriger les problèmes rencontrés afin de protéger les droits des utilisateurs. Cette dernière sera mise en œuvre d’ici décembre 2022.

De nouvelles réglementations pour réguler les algorithmes

Le censeur de l’Internet chinois indique dans un communiqué vouloir entreprendre des inspections dans les locaux de plusieurs grandes sociétés du secteur ayant une forte influence sur la population. Les algorithmes des agrégateurs d’actualités auront besoin d’une licence afin d’éviter la diffusion de « fausses informations » et publier plus de contenus tout public afin de créer un « espace en ligne sain ».

La campagne officielle s’axe autour de cinq tâches principales :

  • L’auto-examen et l’autocorrection des algorithmes par les entreprises ;
  • La formation d’une équipe d’inspection de la CAC des sociétés Internet directement sur place ;
  • La supervision du dépôt d’algorithmes afin de permettre à chaque entreprise d’enregistrer leur technologie algorithmique ;
  • La consolidation de la responsabilité des entreprises quant à la sûreté de leurs algorithmes ;
  • La correction de leurs algorithmes dans les plus brefs délais si des effets insatisfaisants ont été constatés durant une inspection.

Bien qu’aucun nom n’ait été cité dans le rapport, il est clair que les géants de l’Internet chinois tels que ByteDance et Tencent sont les principaux concernés par les mesures imposées par la CAC. Les deux mastodontes possèdent les agrégateurs d’actualité en Chine les plus populaires : Jinri Toutiao et Tencent News. Vivant grâce à leur algorithme qui permet de mettre en avant le contenu et les publicités susceptibles de plaire au maximum à leurs utilisateurs, les deux entreprises devront trouver de nouveaux moyens pour cibler leurs clients.

La Chine entend toujours contrôler Internet sur son territoire

Depuis fin 2020, Pékin cherche à reprendre le contrôle de l’industrie technologique et cette campagne s’inscrit dans la volonté du gouvernement de maîtriser son cyberespace. Le 1er mars dernier, une réglementation était déjà entrée en vigueur en Chine. Cette dernière visait déjà les algorithmes des réseaux sociaux, des agrégateurs de contenus ou des sites d’e-commerce en redonnant le contrôle aux utilisateurs de leur fil d’actualité et en leur permettant de désactiver les recommandations algorithmiques.

Désormais, les entreprises doivent faire preuve de transparence envers les usagers en les tenant informés des principes de base, des objectifs et des mécanismes de leurs algorithmes. Elles devront également laisser le gouvernement observer leurs procédés algorithmiques afin de vérifier si ces derniers respectent bien les lois en vigueur.

Le gouvernement chinois entreprend une reprise en main du secteur technologique afin de donner plus de droits aux usagers, plus de transparence et d’assurer une meilleure protection tout en gardant un contrôle ferme sur le contenu publié. Le 27 janvier dernier, la CAC avait déjà opéré un nettoyage de son web, juste avant l’organisation des Jeux Olympiques de Pékin, en supprimant des forums de fans, des sites pornographiques et violents.