C'est une bonne nouvelle pour Twitch, une mauvaise pour un marché dont les acteurs ont progressivement tendance à se faire moins nombreux. Après la fermeture en 2020 de Mixer, le service de streaming de jeux vidéo de Microsoft (au profit d'un partenariat avec Facebook Gaming), c'est cette fois un acteur chinois du secteur qui va fermer ses portes : Penguin Esport, plateforme du géant Tencent, numéro 1 mondial du jeu vidéo. L'entreprise a annoncé cette semaine qu'elle mettrait son service hors ligne en juin prochain, suite à des « changements de stratégies commerciales ».

Comme le précise TechCrunch, Penguin Esport, dont le concept est similaire à celui de Twitch, propriété d'Amazon, n'a pas réussi à se faire une place suffisamment importante en Chine, son marché cible.

Tencent ferme Penguin Esport... et ne perd pas grand-chose

Il faut toutefois indiquer que cette fermeture n'a rien d'un drame pour Tencent. Par le biais de précédents rachats, la firme est déjà propriétaire des deux plus grosses plateformes de streaming de jeux en Chine : Douyu et Huya. À elles deux, elles cumulent près de 70% de parts de marché.

Penguin Esports était pour sa part en proie à une forte concurrence, notamment de la part de Bilibili et Kuaishou (rivale de Douyin, la version chinoise de TikTok). Les deux groupes pèsent respectivement 10 et 40 milliards de dollars et investissent massivement dans l'acquisition de licences de streaming exclusives. Deux mastodontes dont Tencent est par ailleurs actionnaire. Son importance sur le marché du streaming de jeux vidéo reste donc majeure.

À cette forte concurrence pour Penguin Esports s'ajoutait une problématique de plus en plus pesante en Chine : depuis 2021, les autorités n'accordent plus licences d'édition pour de nouveaux jeux. Cette situation a déjà conduit à la faillite près de 14 000 studios de jeu video chinois et conduit à un manque de nouveautés de plus en plus handicapante pour les plateformes de streaming. La fermeture du service intervient donc dans un contexte bien spécifique et ne compromet que peu les projets de Tencent sur le marché.

La firme souffre en revanche bien plus de la décision des autorités chinoises d'empêcher la fusion de Douyu et Huya. Voulue par Tencent, cette fusion « aurait pour effet d'éliminer ou de restreindre la concurrence » selon les régulateurs chinois... qui ont donc mis leur veto.