Pony.ai, cette startup chinoise soutenue par Toyota, vient de clôturer une nouvelle levée de fonds en série D, qui lui permet d'approcher les 8 milliards d'euros de valorisation. La preuve qu'il y a encore de la place sur le marché des technologies autonomes.

Un chemin semé d'embûches pour Pony.ai

Fondée en 2016, Pony.ai a mis une place une stratégie intéressante qui lui permet de réaliser des tests à la fois en Chine et aux États-Unis. Fin 2020, la valorisation de l'entreprise n'atteignait « que » 4 milliards d'euros. En seulement quelques mois et malgré plusieurs déconvenues, Pony.ai a clairement réussi à séduire les investisseurs. Pourtant, la division des camions autonomes aux États-Unis a été secouée par une vague de démissions. Les ingénieurs américains ont préféré rejoindre des entreprises concurrentes plutôt que de voir leur division fusionner avec celle des voitures autonomes.

Autre déconvenue de taille : en décembre 2021, la Californie a suspendu la licence de Pony.ai à la suite d'une collision. Coup dur pour l'entreprise mais cela n'a vraisemblablement pas entamé la motivation des investisseurs. L'intensification de la surveillance auprès des entreprises technologiques par le gouvernement chinois a également dû forcer Pony.ai à interrompre ses projets d'introduction en bourse aux États-Unis, peu de temps après avoir recruté un ancien cadre de JPMorgan comme directeur financier.

La startup prévoit d'accélérer en 2022

Le développement de la conduite autonome coûte très cher. Pour générer des revenus le plus rapidement possible, Pony.ai compte sur sa division de camions autonomes plus que sur celle des taxis autonomes. Avec une équipe de plus de 1 000 personnes à travers le monde, Pony.ai fait désormais partie des entreprises les plus importantes sur le marché. La startup teste des véhicules autonomes dans quatre grandes villes chinoises : Pékin, Shanghai, Guangzhou, Shenzhen.

Même chose aux États-Unis avec des essais à Fremont et Irvine en Californie. Ses taxis autonomes ont également été autorisés à commencer à faire payer les passagers dans une zone test de la banlieue de Pékin, en même temps que la flotte de véhicules autonomes de Baidu. James Peng, CEO et co-fondateur de la startup, a précisé comment Pony.ai prévoyait d'utiliser cette nouvelle levée de fonds. Il explique que « ce nouveau tour de table va nous permettre de développer nos embauches en 2022, d'ouvrir de nouveaux sites d'essai à travers le monde, de faire progresser nos partenariats stratégiques et d'accroître rapidement notre flotte ».