Les procureurs généraux d’au moins huit États américains se demandent si la très populaire application TikTok est nocive pour la santé mentale ou physique des plus jeunes. Ils ont annoncé le 2 mars inclure le réseau social de ByteDance dans leur enquête similaire lancée contre Instagram en novembre 2021.

Joe Biden a appelé le Congrès à protéger les plus jeunes des réseaux sociaux

Le but des investigations est de déterminer si la plateforme, sa conception, son fonctionnement sont susceptibles de susciter des troubles mentaux ou physiques chez les plus jeunes, le cœur du public de TikTok. Le cas échéant, l’enquête cherchera également à déterminer si ByteDance, la maison mère de TikTok, basée à Pékin, a conscience des nuisances que son service pourrait provoquer.

Le procureur général de Californie, Rob Bronta, a déclaré, « Nos enfants grandissent à l'ère des médias sociaux - et beaucoup ont l'impression qu'ils doivent se mesurer aux versions filtrées de la réalité qu'ils voient sur leurs écrans ». Il a ajouté, « Nous savons que cela a un effet dévastateur sur la santé mentale et le bien-être des enfants. Mais nous ne savons pas quelles entreprises de médias sociaux étaient au courant de ces préjudices et à quel moment ».

Concrètement les procureurs de Californie, de Floride, du Kentucky, du Massachusetts, du Nebraska, du New Jersey, du Tennessee et du Vermont vont vérifier si TikTok et Instagram violent leurs lois respectives sur la protection des consommateurs et la mise en danger de la vie d’autrui.

La veille de l’annonce des procureurs, le président Joe Biden a demandé au Congrès, à l’occasion du discours sur l’État de l’Union, de protéger davantage les plus jeunes sur les réseaux sociaux. Il a appelé à l’interdiction de la collecte excessive de leurs données et à la fin de la publicité ciblée sur leur profil.

TikTok, victime collatérale des Facebook Files

À l’origine la procédure des procureurs impliquait seulement Instagram. Elle avait été déclenchée fin 2021 à la suite des révélations de la lanceuse d’alerte Frances Haugen et du Wall Street Journal. Parmi les nombreuses révélations sur les plateformes de Meta à la publication des Facebook Files, celles concernant Instagram ont particulièrement choqué l’opinion publique.

Des documents internes de l’entreprise prouvaient qu’elle était consciente qu’Instagram pouvait avoir des conséquences négatives pour les jeunes filles, entraînant dépression ou troubles alimentaires. Meta a assuré avoir pris des mesures pour y parer et que l’enquête des procureurs était fondée sur une mauvaise appréciation des problématiques spécifiques des réseaux sociaux.

Pour le moment, TikTok a souhaité afficher toute sa bonne volonté en déclarant « Nous nous soucions profondément de construire une expérience qui aide à protéger et à soutenir le bien-être de notre communauté, et nous apprécions que les procureurs généraux des États se concentrent sur la sécurité des jeunes utilisateurs ».

La plateforme a détaillé des mesures prises pour protéger les plus jeunes. Parmi elles, l’arrêt des notifications la nuit pour certains groupes d’âge. Elle a assuré avoir hâte de fournir des informations détaillées sur ces dispositifs aux procureurs généraux.