Nvidia a confirmé ce 25 février au média britannique The Telegraph avoir été la cible d'une -- probable -- cyberattaque ayant porté atteinte pendant deux jours à ses systèmes de messagerie internes, mais aussi à certains outils de développement. Dans l'immédiat, la firme reste prudente et explique simplement « enquêter sur un incident » sans en dire beaucoup plus. « Nos affaires et nos activités commerciales se poursuivent sans interruption », ajouté Nvidia. « Nous travaillons toujours à évaluer la nature et la portée de l'événement et nous n'avons pas d'informations supplémentaires à partager pour le moment », lit-on plus loin des propos rapportés par Reuters.

Comme le souligne Engadget, les réseaux de la firme auraient pourtant été la cible d'une « intrusion malveillante » suffisamment importante pour « compromettre complètement » ses systèmes internes, assure une source ayant connaissance de l'affaire, approchée par The Telegraph.

Nvidia se remet d'une probable cyberattaque

D'après cette source, les systèmes de messagerie internes de Nvidia seraient de nouveau opérationnels depuis vendredi, mais l'on ignore encore si cette potentielle cyberattaque a induit un vol de données de Nvidia ou de ses clients. Il faudra probablement attendre les conclusions de l'enquête interne menée par le géant américain du GPU pour en savoir plus.

Engadget indique qu'il est actuellement impossible d'imputer à la Russie cette attaque. Compte tenu des mesures de représailles économiques prises par les États-Unis à l'encontre de la Russie, suite à son invasion de l'Ukraine, la probabilité de représailles russes dans l'espace cyber est néanmoins importante. Face à ce contexte géopolitique, cibler les grandes entreprises américaines aurait en effet du sens pour les hackers dirigés par le Kremlin.

« Nous ne disposons d'aucune information suggérant une cybermenace spécifique et crédible contre le territoire américain, mais il est de notre responsabilité de nous préparer », admettait d'ailleurs Alejandro Mayorkas, secrétaire d'État américain à la sécurité intérieure, avant l'invasion de l'Ukraine par les troupes de Vladimir Poutine. Inutile de dire que, depuis, le contexte s'est durci. Pour rappel, les États-Unis et plusieurs autres nations alliées, ont par ailleurs annoncé bloquer les expéditions de semi-conducteurs à destination de la Russie. Une mesure qui pourrait s'avérer extrêmement sévère si elle est correctement mise en oeuvre.