La Semiconductor Industry Association (SIA) a confirmé lundi la très bonne santé du marché des semi-conducteurs. En 2021, l’industrie a généré 556 milliards de dollars de chiffre d’affaires, un montant jamais atteint jusqu’alors. Pour 2022, elle estime que les ventes progresseront une nouvelle fois, pour atteindre 605 milliards de dollars.

Les semi-conducteurs toujours plus essentiels

Pour la première fois, les entreprises ont livré plus d’un billion de semi-conducteurs, 1,15 billion plus exactement. Les ventes ont progressé de 26,2% en comparaison avec 2020. Avec une croissance de 8,8% attendue pour 2022, la SIA semble tabler sur la fin de la pénurie de composants informatiques. Elle joue sur le prix de vente, mais pas sur la demande d’unité à livrer. « La demande de production de semi-conducteurs devrait augmenter considérablement dans les années à venir, car les puces sont de plus en plus intégrées dans les technologies d'aujourd'hui et de demain », analyse John Neuffer, président de la SIA dans un communiqué.

Logiquement, ce sont les Amériques (Nord et Sud) qui enregistrent la plus forte progression des ventes (+27,4%), suivies par l’Europe (+27,3%), la région Asie-Pacifique (25,9%), et le Japon, marché à lui tout seul (+19,8%). À noter que la Chine reste le plus gros importateur de semi-conducteurs : les ventes ont représenté 192,5 milliards de chiffre d’affaires pour l’industrie, soit 34% du total de 2021.

Les États-Unis et l’Europe en ordre de bataille

Aux yeux des gouvernements, les semi-conducteurs sont devenus aussi stratégiques qu’essentiels. La difficulté d’approvisionnement engendrée par la pandémie, qui continue, les a replacés au centre des préoccupations.

L’Europe a ainsi récemment dévoilé un plan à 43 milliards d’euros pour développer la production régionale de puces. Actuellement à 10% de la production mondiale, l’European Chips Act a pour objectif de doubler ce taux d’ici 2030.

Aperçu d'Ursula von der Leyen.

Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne, promet une loi pour stimuler la production européenne de semi-conducteurs. Photographie : AEDH.

De l’autre côté de l’Atlantique, le gouvernement de Joe Biden a dévoilé un CHIPS Act. Il doit injecter 52 milliards de dollars directement dans la production de semi-conducteurs. Cette somme complète l’America Competes Act de 352 milliards de dollars qui doit soutenir l’ensemble de l’industrie technologique américaine. Parmi les 300 milliards restant, une partie est d’ailleurs allouée au financement de la recherche et développement dans le secteur.

Dans ce coude-à-coude financier entre l’Europe et l’Oncle Sam, l’UE oublie qu’elle n’a que peu d’acteurs dans l’industrie des semi-conducteurs, quand les géants sont taïwanais, chinois, sud-coréens, ou américains.