Intel confirme, encore, son objectif de renforcer son rôle de fabricant de puces pour des tiers. Le Wall Street Journal a révélé le 14 février que l’entreprise américaine serait sur le point de boucler le rachat de Tower Semiconductor pour 6 milliards de dollars. Sauf retournement inattendu, l’opération devrait être conclue dans la semaine.

Avant Tower, GlobalFoundries

Tower Semiconductor est un fabricant de puces israélien, disposant d’usines dans son pays natal, en Italie, au Japon et aux États-Unis. Les semi-conducteurs de Tower ne sont pas les plus avancés du marché, mais ils sont adaptés aux attentes du secteur automobile, pour la fabrication d’équipements industriels ou médicaux.

La société est évaluée à 3,6 milliards de dollars. La révélation de l’intérêt d’Intel par le Wall Street Journal a fait bondir le cours de son action de 49% sur le Nasdaq, où elle est cotée. La valeur d’Intel avoisine les 200 milliards de dollars.

Au cours de l’été 2021, Intel avait tenté une opération plus ambitieuse, en proposant 30 milliards de dollars pour GlobalFoundries. Mubadala Investment, le fonds d’investissement d’Abu Dhabi a préféré opter pour une introduction en bourse.

Intel veut fabriquer les puces du monde

Avec l’arrivée de Pat Gelsinger, le PDG d’Intel depuis janvier 2021, l’entreprise a mis les semi-conducteurs au centre de ses activités, en particulier la fabrication. La pénurie en cours, la demande exponentielle en produit numérique ont renforcé l’ambition d’Intel d’augmenter sa capacité de production de fonderie.

Au cours de l’année 2021, Intel a annoncé la création de deux usines en Arizona pour 20 milliards de dollars, en janvier 2022 une nouvelle usine est présentée dans l’Ohio pour la même somme. Pat Gelsinger a proclamé que le site pourrait, à terme, accueillir 8 'fabs', pour 100 milliards de dollars d’investissement dans la prochaine décennie. Intel compte aussi profiter du Chips Act en Union européenne pour y implanter des usines.

Dépassée par Samsung en tant que géant des semi-conducteurs, Intel aspire à reprendre le leadership du secteur derrière TSMC. Concentré jusqu'à présent sur la fabrication de puces pour ses propres besoins, le géant américain, depuis un an, souhaite désormais en fabriquer pour les autres.