News corp, le géant mondial des médias dirigé par Rupert Murdoch a révélé le 4 février avoir été victime d’une cyberattaque. Le Wall Street Journal, membre du groupe au côté du New York Post ou du Times, rapporte que l’entreprise de cybersécurité chargée d’assister le groupe, Mandiant, estime que les pirates ont un lien avec la Chine.

Le travail des journalistes visé

L’attaque a été découverte le 20 janvier et a visé un prestataire technique pour le cloud de News corp. Dans sa déclaration d’incident à la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme de la bourse américain, le groupe confirme que certaines données ont pu être dérobées sans plus de précision.

Le Wall Street Journal affirme que les données financières de l’entreprise ou les données personnelles des abonnées ont été épargnées. Selon une note interne à l’entreprise, seuls certains comptes mail et document tel des Google doc - Google a déclaré ne pas être affecté - ou des brouillons d’article ont été consultés. Les journalistes concernés se sont émus de ces failles, inquiets pour la sécurité de leurs sources.

D’après une analyse préliminaire de Mandiant, l’implication d’un gouvernement est possible. L’identité de celui-ci laisserait également peu de place au doute selon Dave Wong, un cadre de la société de cybersécurité, « nous pensons qu’ils sont sans doute impliqués dans des activités d’espionnage destinées à collecter des renseignements au profit des intérêts chinois ».

Les pirates se seraient focalisés sur les journalistes travaillant sur Taïwan, la situation des Ouïghours, la réglementation technologique liée à la Chine, l’activité militaire américaine… Le FBI, prévenu, avait accusé le 31 janvier la Chine d’être responsable de la majorité des cyberattaques aux États-Unis, plus de 2 000 enquêtes seraient en cours. Son directeur, Christopher Wray avait dénoncé « programme de piratage massif et sophistiqué, plus important que ceux de toutes les autres grandes nations réunies ».

La Chine nie être à l’origine de la cyberattaque

Sollicitée par les médias américains, l’Ambassade de Chine à Washington a fermement contesté les accusations portées contre l’Empire du Milieu. Son porte-parole, tout en rappelant la difficulté d’attribuer avec certitude une cyberattaque a dit espérer une enquête avec « une approche professionnelle, responsable et basée sur des preuves pour identifier les incidents cybernétiques, plutôt que de faire des allégations basées sur des spéculations ».

Il n’empêche, certains éléments sont troublants. L’intrusion détectée semble remonter à février 2020. À cette période la Chine avait révoqué les accréditations de trois journalistes du Wall Street Journal pour un article jugé déplaisant par Pékin. Cela avait ouvert une période de tension avec l’administration Trump autour des médias chinois aux États-Unis et américains en Chine. La situation ne s’est apaisée qu’en novembre 2021.

Par le passé, en 2013, la Chine a déjà été accusée d’espionner le Wall Street Journal et le New York Times. L’objectif aurait été de surveiller les journalistes américains couvrant la Chine. Pékin avait également nié, mais la conviction des États-Unis à l’époque comme aujourd’hui semble inébranlable.