Microsoft a récemment annoncé le plus gros rachat de son histoire et, logiquement, les régulateurs américains cherchent à y voir de plus près. Dans le même temps, la firme a révélé qu’elle allait apporter des changements à ses abonnements Game Pass pour satisfaire les demandes des autorités britanniques. Simple hasard ou coup de poker de la part de Redmond ?

La FTC va étudier le rachat d’Activision Blizzard par Microsoft

La Federal Trade Commission (FTC) va être chargée d’étudier l’acquisition d’Activision Blizzard par Microsoft pour 68,7 milliards de dollars. L’agence va notamment s’intéresser aux possibles répercussions néfastes du rachat sur les concurrents de Microsoft dans le secteur du gaming.

En effet, le catalogue d’Activision est très complet et compte des titres et franchises extrêmement populaires. Si pour l’heure, Microsoft n’a pas dévoilé de plans précis pour l’avenir du studio, par exemple si des jeux issus de celui-ci seraient commercialisés en exclusivité sur Xbox, il faut savoir que la PlayStation de Sony est plus vendue que son homologue de chez Microsoft, mais également qu’une part importante des revenus d’Activision émane des joueurs de PlayStation, note Engadget.

Une chose est évidente, les services d'abonnement de Microsoft sont essentiels à l'ensemble de ses efforts en matière de gaming ; cela comprend bien entendu le rachat d’Activision, dont les jeux devraient être intégrés aux offres de Microsoft.

Une manette de Xbox.

Le rachat d'Activision Blizzard est le plus gros de l'histoire de Microsoft. Photographie : Dimitris Chapsoulas / Unsplash

Le Game Pass dans le viseur du régulateur britannique

Justement, le média The Verge rapporte que le fabricant de Xbox vient d’accepter de modifier différents critères de ses abonnements gaming pour répondre aux inquiétudes de la Competition and Markets Authority (CMA), organisme britannique chargé de surveiller les pratiques anticoncurrentielles. Celui-ci se préoccupait notamment des abonnements dormants, c’est-à-dire de personnes payant une souscription mensuelle à Microsoft mais sans utiliser le service.

Ainsi, Microsoft va prendre contact avec les personnes qui paient un abonnement Xbox Live Gold ou Game Pass mais ne l'ont pas utilisé depuis au moins un an. Elle leur indiquera ensuite comment arrêter leurs paiements s'ils veulent se désengager. Si ces personnes continuent à débourser de l'argent chaque mois sans utiliser leur abonnement pendant 12 mois consécutifs, l’entreprise finira par cesser les paiements. En outre, Microsoft a accepté d'offrir de meilleures informations initiales sur les abonnements, y compris des détails clairs sur les renouvellements automatiques, le moment où les abonnements seront renouvelés, le montant que les gens paieront et un moyen d'obtenir un remboursement s'ils renouvellent accidentellement leur souscription.

Si au départ, ces changements seront apportés au Royaume-Uni, la firme de Redmond assure qu’ils seront par la suite déployés au reste du monde. « Les joueurs doivent recevoir des informations claires et opportunes pour faire des choix éclairés lorsqu'ils souscrivent à des adhésions et abonnements à renouvellement automatique. Nous sommes donc heureux que Microsoft ait pris ces engagements formels envers la CMA afin d'améliorer l'équité de ses pratiques et de protéger les consommateurs, et qu'elle offre des remboursements à certains clients », a déclaré Michael Grenfell, directeur exécutif de l'application de la CMA.

Microsoft reste confiante

L’annonce de Microsoft par rapport au Game Pass tombe à pic : l’entreprise peut ainsi montrer toute sa bonne volonté auprès de la FTC en se pliant directement aux exigences d’un autre régulateur.

Toutefois, parvenir à convaincre l’agence américaine ne sera pas chose aisée, alors qu’elle a décidé de justement contrôler davantage les fusions d’entreprises depuis l’arrivée de Lina Khan à sa tête. D’ailleurs, les difficultés que rencontre Nvidia pour le rachat d’ARM en sont le parfait exemple… Malgré cela, Microsoft reste confiante et s’est même engagée à payer une indemnité de rupture de 3 milliards de dollars si l'opération n'aboutit finalement pas.