Ce mardi, Microsoft annonçait le rachat du géant du jeu vidéo Activision-Blizzard-King pour presque 70 milliards de dollars. Si cette acquisition doit encore être validée par les régulateurs, elle s'annonce comme un véritable coup de tonnerre sur le marché du gaming. Un coup de tonnerre dont les répercussions pourraient être particulièrement importantes pour certains acteurs du marché, comme Sony et sa division PlayStation -- tout spécialement à l'égard de la licence Call of Duty, éditée par Activision. Le célèbre jeu de tir, aussi populaire sur les consoles Xbox de Microsoft que sur PlayStation, va en effet entrer dans l'escarcelle du géant de Redmond... laissant planer un doute quant à sa disponibilité sur les plateformes de Sony à l'avenir.

Ce 20 janvier, deux jours après l'annonce du rachat d'Activision, Phil Spencer, emblématique patron de la branche Xbox, a néanmoins laissé entendre qu'un avenir était possible pour Call of Duty sur PlayStation. Une main tendue vers Sony, mais aussi un signe de bonne volonté à l'égard les autorités antitrust qui devront statuer, d'ici 2023, si oui ou non l'énorme coup de filet de Microsoft le placera en situation de monopole. Rappelons que la firme avait déjà racheté l'éditeur américain ZeniMax Media en début d'année 2021.

La mansuétude pas tout à fait désintéressée de Microsoft

Dans un tweet, Phil Spencer a indiqué avoir eu un échange téléphonique constructif avec les dirigeants de Sony. "J'ai confirmé notre intention d'honorer tous les accords existants lors de l'acquisition d'Activision Blizzard et notre volonté de maintenir Call of Duty sur PlayStation. Sony est un élément important de notre industrie et nos relations ont de la valeur à nos yeux", a-t-il indiqué.

Comme le rappelle The Verge, Microsoft a néanmoins pris l'habitude de faire des licences de ses récentes acquisition, des franchises exclusives à son écosystème. Un bon moyen d'enrichir le catalogue de son abonnement Game Pass, notamment. On sait par exemple que Starfield, prochain titre de Bethesda Softworks, sera une exclusivité Xbox / PC, et que The Elder Scrolls VI devrait suivre le même chemin. Cela étant, par le passé, Microsoft a aussi su donner un bel os à ronger à la concurrence. On pense en tout premier lieu à Minecraft, création du studio suédois Mojang, racheté par Microsoft en 2014 pour 2,5 milliards de dollars. En dépit de cette acquisition, le titre est resté disponible sur PlayStation et a même pu se frayer un chemin sur Nintendo Switch.

Une politique d'ouverture que Microsoft semble prêt à répliquer avec Call of Duty. "Comme pour l'acquisition de Minecraft par Microsoft, nous n'avons pas l'intention de retirer un quelconque contenu des plateformes où il existe aujourd'hui", assurait d'ailleurs la firme dans une FAQ publiée plus tôt cette semaine.