Une lettre a été envoyée au secrétaire général de Meta de la part de plusieurs actionnaires du groupe. Ils se plaignent des scandales à répétition et demandent plus de surveillance, notamment sur les questions qui impliquent le groupe de Mark Zuckerberg sur des sujets de société.

Les actionnaires de Meta veulent du changement

Dans ce document obtenu par Axios, les actionnaires demandent au conseil d'administration de Meta de « commander une évaluation indépendante », dans l'objectif de mesurer les capacités et les performances du comité d'audit et de surveillance des risques, qu'ils jugent trop peu efficace. Ils se plaignent notamment des scandales à répétition et sont las de constater que le groupe Meta ne fait rien pour que cela s'arrange. Depuis l'affaire Cambridge Analytica en 2016, les scandales se succèdent...

Plus récemment, il y a notamment le sujet des Facebook Files, des documents obtenus par Frances Haugen. L'ex-employé de Facebook dénonce notamment la propension du réseau social à privilégier le profit à la sécurité des utilisateurs, le manque de transparence d’une entreprise juge et partie, la nécessité d’une réforme venant des États pour réguler la plateforme. Il y a aussi un sujet sur le rôle de Facebook dans le le génocide des Rohingyas.

D'autres documents dévoilés en 2021 ont révélé que les programmes internes « Crosscheck » ou « XCheck » de Meta, permettaient d’appliquer des règles de modération particulières à une liste de personnalités. Selon le Wall Street journal, 5,8 millions de personnes auraient bénéficié en 2020 d’un traitement de faveur. Parmi eux, des célébrités, des personnalités politiques, des internautes en vues, ainsi que des journalistes et des militants...

Un coup d'épée dans l'eau ?

En janvier 2021, Facebook a été accusé d'avoir joué un rôle clé dans la prise du Capitole. Selon le FBI, une milice d’extrême droite aurait même utilisé Messenger pour coordonner son attaque du Capitole. Quelques semaines plus tard, les actionnaires ont poursuivi le groupe en justice pour avoir payé une amende trop élevée à la FTC, dans le but, selon eux, de protéger Mark Zuckerberg d'une surveillance accrue de la part du gouvernement. Au cours de l'été, le président Joe Biden a également reproché à la société de ne pas adopter une position suffisamment agressive contre la désinformation sur les vaccins.

Harrington Investments et la Park Foundation font partie des investisseurs qui veulent faire bouger les lignes. Ce n'est pas la première fois que Meta est confronté à des demandes de surveillance. En 2018, une autre action avait conduit à la création du comité d'audit et de surveillance des risques. Les actionnaires qui veulent du changement, ont déjà déposé plusieurs propositions dans ce sens. Elles ont toutes été rejetées. Bref, le combat est loin d'être gagné pour les actionnaires mécontents.