La Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC) serait en discussion avec l’Allemagne pour construire une usine de fabrication de semi-conducteurs dans le pays, alors que l’Union européenne souhaite davantage de souveraineté dans ce secteur précis.

TSMC affiche une santé implacable

Selon le média Bloomberg, les pourparlers en sont encore au stade préliminaire, sans qu’une location n’ait encore été choisie. La décision de TSMC sera prise selon les subventions gouvernementales, la demande des clients et les talents sur place. Cette information va dans le sens des déclarations de Mark Liu, président du constructeur taïwanais. En juin dernier, il assurait à ses actionnaires avoir commencé à évaluer la possibilité de mettre en place des opérations de fabrication en Allemagne.

Cela intervient alors que TSMC, qui a récemment accepté de fournir des données sur ses clients au gouvernement américain, est en très bonne santé malgré une pénurie de semi-conducteurs qui touche de nombreuses industries. Plus grand fabricant de puces au monde, TSMC a d’ailleurs été choisi par Apple pour le développement des puces modem de ses iPhone qui sortiront en 2023.

Par ailleurs, la firme taïwanaise s'est engagée à consacrer 100 milliards de dollars sur trois ans au développement de nouvelles technologies et à la construction de nouvelles usines à travers le monde. Des usines sont ainsi en construction au Japon ainsi que dans l’État de l’Arizona aux États-Unis.

Une puce électronique

Les semi-conducteurs sont considérés comme une technologie clé pour l'avenir. Photographie : Jeremy Bezanger / Unsplash

L’UE doit booster sa production

De son côté, l’Union européenne souhaite devenir moins dépendante des puissances étrangères dans le secteur des semi-conducteurs, dont l’importance a été mise au jour par la pénurie. Technologie clé et d’avenir, de nombreux gouvernements entreprennent des mesures pour produire localement ces composants électroniques.

Néanmoins, la tâche s’avère compliquée pour l’Europe. D’après Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence, le Vieux Continent ne pourra jamais se passer des pays étrangers car il a accumulé trop de retard dans le domaine, mais il peut opter pour un modèle hybride. Actuellement, les législateurs penchent sur une loi visant à booster la production de semi-conducteurs en Europe, avec l’objectif de représenter 20 % de la production mondiale d'ici à 2030. Il est évident qu’une usine TSMC en Allemagne aiderait l’UE à atteindre ce but.