Le gouvernement japonais va mettre en place un plan de financement pour les entreprises souhaitant construire une usine de production de semi-conducteurs sur son territoire. Le première firme qui en profitera est la Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC).

Encourager la production en temps de pandémie

Ainsi, le gouvernement va mettre plusieurs milliards de dollars de côté dans le cadre du budget supplémentaire de cette année afin de créer une réserve de fonds à la NEDO, un organisme public chargé de promouvoir la recherche et le développement dans le domaine de l'énergie et des technologies industrielles, indique le média nippon Nikkei, dont les informations ont été relayées par Reuters.

Pour bénéficier de ce financement, les entreprises seront dans l’obligation d’augmenter leur production de semi-conducteurs alors que le secteur est touché par une pénurie. Le constructeur taïwanais TSMC sera donc le premier à être concerné par ce plan. Il a en effet annoncé, à la mi-octobre, son intention de construire une usine à Kumamoto, dans le sud du pays. Celle-ci se spécialisera dans la confection de semi-conducteurs destinés au secteur automobile, ainsi qu’aux capteurs d'images des appareils photo et d'autres produits et devrait entrer en fonction en 2024.

Le gouvernement japonais pourrait participer à hauteur de 8,82 milliards de dollars dans la construction de l’usine de TSMC, soit la moitié du budget total du projet.

Une puce électronique.

La pénurie de semi-conducteurs a été fortement amplifiée par la pandémie de Covid-19. Photographie : Brian Kostiuk / Unsplash

Les pays agissent

Selon l’entreprise, la pénurie pourrait s’étendre jusqu’à 2023. Cette dernière a largement été accélérée par la pandémie de Covid-19 : en plus d’une très grande hausse de la demande en appareils électroniques, des usines de production ont dû fermer ou baisser la cadence alors que des mesures de confinement étaient prises dans le monde entier. Depuis, le retard accumulé ne cesse d’accroître.

Désormais, la pénurie touche de nombreux secteurs, allant de l’automobile au smartphone en passant par le jeu vidéo. Les géants du domaine tentent de réagir, à l’image de TSMC qui, en plus de son usine japonaise, veut également en construire une à Taïwan et aux États-Unis, mais c’est surtout les gouvernements qui mesurent l’ampleur du problème.

Les semi-conducteurs sont aujourd’hui considérés comme une technologie clé. Ainsi, l’Europe veut passer une loi lui garantissant la souveraineté dans ce secteur, alors qu’elle dépend principalement des États-Unis et de la Chine. De son côté, l’Empire du Milieu n’a pas hésité à augmenter ses capacités de production de 47,3 %. Ici aussi, l’objectif est clair : l’auto-suffisance dans le domaine des semi-conducteurs. Outre-Atlantique, Biden a annoncé un budget de 50 milliards de dollars pour, lui aussi, aller dans ce sens.

La démarche du Japon s’inscrit donc dans une même optique. D’ailleurs, elle est en accord avec les déclarations du Premier ministre, Fumio Kishida. Celui-ci a en effet promis de faire de la sécurité économique une de ses priorités politiques, notamment en stimulant la production nationale de semi-conducteurs.