Le 20 octobre, l’autorité de la concurrence britannique (CMA) a infligé une amende de 50,5 millions de livres sterling, soit près de 60 millions d’euros, à Facebook. La firme de Mark Zuckerberg a été pointée par la CMA pour avoir poursuivi le processus de fusion avec la société Giphy malgré une enquête en cours.

Facebook crée une concurrence déloyale vis-à-vis des autres réseaux sociaux sur le secteur de la publicité en ligne

En mai 2020, Facebook annonçait le rachat de Giphy pour un montant estimé à 343 millions d’euros. Le rapprochement entre les deux structures étant inévitable, la CMA avait estimé que l'acquisition de la société spécialisée dans les images gif nuirait à la concurrence entre les réseaux sociaux. En effet, elle considère que Facebook absorbe un potentiel concurrent sur le marché de la publicité numérique.

C’est ainsi qu’en juin 2020, l’autorité avait émis une injonction pour stopper le processus d’intégration entre Facebook et Giphy. En parallèle, la CMA avait demandé à Facebook de lui fournir des mises à jour régulières sur la mise en place de la future arrivée de Giphy. Un an plus tard, le réseau social est passé outre cet avertissement et a refusé de divulguer certaines informations sur cette fusion.

En août dernier, le régulateur britannique a fait savoir qu’il se positionnait définitivement contre le rachat de Giphy et qu’il laissait une dernière chance à la multinationale de se défendre. Le rachat est volontairement passé sous le radar des régulateurs antitrust. La technique utilisée par Facebook consistait à verser des dividendes aux investisseurs pour réduire la valeur de l’entreprise. Ainsi, le montant d’achat arrive à un seuil où il n’est plus obligatoire de le déclarer. Néanmoins, cette méthode utilisée par le réseau social n’est pas passée inaperçue du côté du Royaume-Uni.

En pleine enquête antitrust, Facebook a manipulé ce rachat pour éviter de devoir le déclarer aux autorités de régulation. Image : Giphy

Une première pour l’autorité de la concurrence britannique

Dans un communiqué, l’autorité de la concurrence précise que « c’est la première fois qu’une entreprise enfreint une injonction de la CMA en refusant sciemment de fournir toutes les informations demandées. »

Initialement, les injonctions ont justement été conçues pour faire en sorte que les entreprises continuent à respecter la concurrence comme elles le feraient habituellement, sans processus de fusion. « Compte tenu des multiples avertissements qu'elle a donnés à Facebook, la CMA considère que le manquement de Facebook à s'y conformer était délibéré », poursuit l’autorité.

Pour le moment, l’enquête est toujours en cours sur le rachat pour laquelle « aucune décision n'a été prise », précise la CMA. Malgré le non-respect des conditions émises par la CMA, l’amende est pour l’instant la seule sanction reçue par Facebook.