Le centre de recherche de l’université de Cambridge, spécialisé sur les systèmes financiers alternatifs, a dévoilé le 13 octobre que les États-Unis étaient devenus le pays où l’on mine le plus de Bitcoins. La Chine, leader jusqu’à présent, a interdit la pratique pour des raisons écologiques.

États-Unis, Kazakhstan, Russie : le nouveau podium du Bitcoin

Les chercheurs de l’université britanniques confirment ainsi un phénomène pressenti. Les mineurs de Bitcoin ont en effet quitté la Chine à mesure que la répression des autorités s’abattait sur eux. Le gouvernement chinois, notamment pour tenir ses objectifs d’émission de CO2, a interdit le minage en juin 2021.

Pour obtenir un bitcoin, il faut résoudre des opérations mathématiques complexes, nécessitant de faire fonctionner en permanence de puissants ordinateurs. Une opération très énergivore, problématique lorsque l’électricité provient d’usine à charbon.

L'électricité consommée par le Bitcoin. Crédit : Cambridge Bitcoin Consumption Index.

Pour classer les pays selon leur production de Bitcoin, l’université de Cambridge a utilisé le taux de hachage. Celui-ci mesure la puissance de minage d’un ordinateur. En Chine, ce taux est passé de 46% en avril à 0 en juillet. En septembre 2019, il était encore à 75%.

Cette disparition subite de l’équation du champion chinois a laissé la place à ses prétendants. Le taux de hachage américain est passé de 16,8% en avril à 35,4% en août, celui du Kazakhstan, deuxième, de 8,2% à 18,1% sur la même période tandis que celui de la Russie est passé de 6,8% à 11%. Derrière suivent le Canada, l’Irlande, la Malaisie, l’Allemagne, ou encore l’Iran.

L’impact environnemental du minage simplement déplacé ?

Il y a eu une chute de 38% du taux de hachage suite à la décision de la Chine, mais ce classement n’est pas seulement la conséquence de celle-ci : il y a eu un redéploiement des capacités de minages constaté par les chercheurs. Entre juillet et août, un rebond de 20% a été enregistré et la dynamique du rebond semble se poursuivre.

Un an de demande d'électricité pour le Bitcoin. La chute à la suite de l'interdiction chinoise en juin est visible. Crédit : Cambridge Bitcoin Electricity Index

Les problématiques que la Chine a tenté de régler ont suivi ce redéploiement. Dans un courrier, relayé par le Guardian, Igor Kobzev, gouverneur de la région d’Irkoutsk, au sud-est de la Russie, s'est ainsi plaint auprès des autorités de la flambée des prix de l’énergie à cause du Bitcoin : « [la situation] est encore aggravée par l'interdiction de l'exploitation minière imposée par les autorités chinoises et la relocalisation d'une quantité importante d'équipements dans la région d’Irkoutsk ».

Le journal britannique relève également que les « performances » américaines révélées par l’université de Cambridge pourraient avoir des conséquences diplomatiques pour l’administration Biden. Certains risquent de hausser les sourcils au passage de Joe Biden à la COP 26 prévue à Glasgow lors des deux premières semaines de novembre.