Le chiffre est spectaculaire, DingTalk, l’application de messagerie d’Alibaba destinée aux professionnels a annoncé le 13 octobre avoir 500 millions d’utilisateurs. Il s’agit, en entreprise, d’une des applications les plus populaires en Chine. 19 millions d’organisations de tout ordre l’utiliseraient.

Le raz de marée DingTalk

DingTalk a bénéficié, comme le reste du secteur, du Covid-19 pour étendre son influence. Zoom, Slack, Teams, ont tous vu leurs nombres d’utilisateurs exploser à cette occasion : Zoom revendiquait en avril 2020, au plus fort de la pandémie, 300 millions d’utilisateurs quotidiens, en 2021 Teams a atteint 115 millions d’utilisateurs actifs et Slack 14 millions selon BusinessofApps.

Des chiffres impressionnants, mais loin des performances de DingTalk. L’application à la particularité de continuer à attirer des utilisateurs, sa base a augmenté de 25% entre janvier et août 2021, soit 100 millions d’usagers en plus. Comme les autres, le service profite de la démocratisation du télétravail et du téléapprentissage, mais la proportion est d’un autre niveau.

Ye Jun, président de DingTalk, s’est félicité dans le South China Morning Post, propriété d’Alibaba, de la capacité de l’application « à découvrir et à résoudre les problèmes des utilisateurs ». Un succès qui donne des idées à Alibaba.

Comme beaucoup d'autres applications, DingTalk propose un service de visioconférence. Image : DingTalk.

WeChat doit-il avoir peur ?

Après tout, pourquoi ne pas tenter d’aller titiller le rival de toujours, Tencent et sa super-application WeChat au 1,2 milliard d’usagers ? Sa version professionnelle, WeChat Work est déjà au tapis avec « seulement » 130 millions d’utilisateurs actifs et 5,5 millions d’organisations équipées selon les chiffres de janvier.

Alibaba a décidé d’adopter un comportement agressif pour aller chercher des utilisateurs. Elle propose déjà une vingtaine de fonctionnalités dans sa dernière version. À l’image de WeChat, DingTalk s’est ouvert aux applications tierces, incité à développer des sous-programmes intégrables à la plateforme.

Cette possibilité serait déjà exploitée par 900 000 développeurs. Depuis le début de l’année, le nombre de mini-applications créées par des entreprises clientes de DingTalk aurait triplé pour atteindre 1,5 million.

Ces chiffres sont à prendre avec quelques précautions, c’est Alibaba qui les fournit pour claironner. Il n’en reste pas moins notable, car s’ils s’avéraient exacts, ils pourraient bousculer le marché des super-applications chinoises. La progression de DingTalk sera, à coup sûr, surveillée de près.