Après avoir une nouvelle fois disparu des radars pendant plusieurs semaines, Jack Ma vient de réapparaître à Hong Kong, où il a rencontré certains de ses associés.

Le milliardaire a donc quitté la ville de Hangzhou, où son empire entrepreneurial est basé, pour se rendre dans la capitale économique de l’Asie. Il n’y était pas retourné depuis environ un an. Comme le rapporte Reuters, Jack Ma possède au moins une maison de luxe dans la métropole qui abrite par ailleurs certaines des opérations commerciales offshore de ses entreprises.

Les entreprises de Ma ciblées par les autorités

Si les mouvements de l’homme d’affaires intéressent autant, c’est parce qu’il fait profil bas depuis près d’un an maintenant. À l’époque, il a récité un discours très incisif à l’encontre des autorités chinoises et s’est logiquement attiré les foudres de Pékin. Les régulateurs n’ont alors pas hésité à suspendre l’introduction en bourse de son entreprise Ant Group, qui s’annonçait pourtant historique.

Ensuite, ils ont lancé une enquête sur son autre société, le mastodonte de l’eCommerce Alibaba, pour pratiques anticoncurrentielles. Elle a finalement écopé d’une amende record de 2,3 milliards d’euros. De son côté, Ant Group, l’une des plus importantes fintech de Chine, a été forcée de se restructurer en holding financière.

Hong Kong.

Jack Ma a rencontré plusieurs de ses associés à Hong Kong. Photographie : Florian Wehde / Unsplash

Pendant tout ce temps, Jack Ma est resté très discret en Empire du Milieu. Il est réapparu en janvier dernier pour s’adresser à un groupe de professeurs via visioconférence, puis s’est rendu à l’AliDay au mois de mai. Il s’agit d’un événement annuel organisé par Alibaba où les employés et leur famille se rencontrent dans un cadre festif. Finalement, il a fait une apparition sur des sites agricoles dans l’est dans la province de Zhejiang le 1er septembre dernier.

De personnage adulé à homme détesté

Jack Ma est littéralement passé du statut de personnage adulé à homme détesté en Empire du Milieu. Qualifié de « fantôme suceur de sang » par certains de ses compatriotes, il a également dû essuyer de nombreuses critiques de la part des médias du pays.

Devenu problématique, il semble toutefois vouloir redorer son image en ne faisant pas trop de vagues. D’ailleurs, un jour après sa visite du 1er septembre, Alibaba s’est engagée à investir 15,5 milliards de dollars d’ici 2025 pour soutenir la « prospérité commune ». Cette devise amenée par le président Xi Jinping consiste à partager les richesses du pays de façon équitable, et passe notamment par une régulation plus poussée des géants technologiques.

Il est néanmoins difficile de dire si Jack Ma est en accord avec son gouvernement. Peu avant d’être pris pour cible par Pékin, il assurait que les régulateurs chinois constituaient un frein à l’innovation…