Annoncé en septembre 2020, le projet de rachat du britannique Arm par Nvidia ne se passe pas tout à fait comme le géant californien l'aurait voulu. Sur son chemin se trouve un mastodonte pas nécessairement docile : la Commission européenne, qui s'est illustré ces dernières années par une opposition parfois farouche aux desseins des géants de l'électronique. Il faut dire que le projet de rachat d'Arm n'est pas une mince affaire. Déjà de par les enjeux financiers qu'il représente (cette acquisition pourrait se chiffrer à hauteur de 54 milliards de dollars, tout de même), mais aussi et surtout parce qu'Arm n'est pas n'importe quelle marque. Concepteur de microarchitectures, il est à la racine de la plateforme Arm, utilisée sous licence par une vaste majorité des grands noms de l'industrie Tech pour leurs processeurs mobiles.

Nvidia s'engage à préserver la neutralité d'Arm

C'est dans ce contexte que le projet de rachat d'Arm par Nvidia, lui même spécialisé dans la conception et la vente de GPUs (pour des cartes graphiques, des serveurs ou encore pour le secteur automobile), déchaine certaines passions et soulèvent de nombreuses inquiétudes, notent nos confrères de L'Usine Digitale. L'enjeu pour Apple, Samsung, Microsoft, Google ou encore Qualcomm est de savoir si Nvidia ne profitera pas de ce rachat pour tirer la couverture à lui en accordant des licences Arm à certains acteurs seulement, réduisant ainsi la concurrence.

Nvidia assure ne pas avoir l'intention d'avoir une mainmise trop importante sur le groupe Arm. La marque au caméléon promet notamment que la firme anglaise restera un fournisseur neutre de microarchitectures. Un engagement qui risque d'être complété par un certains nombres de concessions de la part de Nvidia. C'est en tout cas l'objectif de la Commission européenne, qui doit donner son verdict le 27 octobre prochain. On ignore encore quelles concessions ont été arrachées à Nvidia, mais l'idée sera de consulter à nouveau les concurrents du géant américain pour savoir si ces nouvelles conditions leur paraissent suffisantes ou si une nouvelle enquête est nécessaire, pour une durée de quatre mois supplémentaires.

Notons toutefois que la Commission européenne n'est pas seule sur le coup. Outre-Atlantique, en février dernier, la Federal Trade Commission ouvrait elle aussi une enquête concernant ce projet de rachat.