C’est un petit scandale qui secoue IKEA. Des caméras ont en effet été découvertes dans les toilettes et les vestiaires d’un centre de distribution du géant suédois situé à Peterborough, dans l’est de l’Angleterre. De quoi causer la stupéfaction des employés de l’entreprise.

La semaine dernière, un salarié de l’entrepôt a remarqué une lumière rouge située entre les panneaux d’un toit suspendu. Après investigation, le personnel s’est rendu compte qu’il s’agissait d’une caméra et que plusieurs d’entre elles se trouvaient également au-dessus des toilettes des hommes et des femmes, toutes reliées entre elles par des câbles.

L’entreprise suédoise a depuis communiqué sur l’incident et affirmé que tous les appareils avaient été retirés. Elle a surtout révélé qu’ils étaient installés à cet endroit depuis 2015 : « Pour appuyer notre politique de santé et de sécurité, nous avons mis en place une politique de dépistage des drogues conformément aux normes du secteur. L'installation des caméras en 2015 visait à détecter une activité présumée qui aurait pu entraîner des blessures graves pour les employés, et à maintenir un niveau élevé de sécurité sur le site », explique IKEA, qui rappelle que cet entrepôt accueille de nombreux chauffeurs routiers.

Une caméra de surveillance.

Au Royaume-Uni, les caméras de surveillance ne sont acceptées dans les toilettes que dans des cas « très graves ». Photographie : Olena Sergienko / Unsplash.

La firme note par ailleurs que les caméras « n'ont jamais été destinées à filmer l'activité dans les combles ou les couloirs ». Pour l’heure, on ignore si elles permettaient d’effectivement filmer à l’intérieur des toilettes. « Si je découvre que j’ai été filmée, je pense que cela m'affectera énormément. Je suis déjà affectée. Je voudrais qu'ils [Ikea] soient poursuivis. Ils ne peuvent pas s'en tirer comme ça - ce n'est pas juste et c'est une invasion de la vie privée sur le lieu de travail », a déclaré Shannon Bodily, une ancienne employée de l’entrepôt, à la BBC.

De son côté, IKEA assure qu’une enquête interne est en cours et admet que la découverte de ces caméras peut se révéler « dérangeante ». Le géant suédois a donc mis en place un système de soutien pour ses employés sur place. L’organisme gouvernemental Information Commissioner's Office (ICO), chargé de ce type d’affaires, déclare n’avoir reçu aucune plainte à ce sujet et rappelle la loi :

« L'enregistrement d'images de toute personne identifiable au moyen de caméras de vidéosurveillance doit être effectué conformément à la législation sur la protection des données. Dans les zones où les gens s'attendent à un haut niveau de confidentialité, comme les vestiaires ou les toilettes, la vidéosurveillance ne doit être utilisée que dans les circonstances les plus exceptionnelles, lorsqu'il est nécessaire de traiter des problèmes très graves. Dans ces cas, les organisations doivent informer les gens lorsqu'un système de vidéosurveillance est en service et veiller à ce que des restrictions appropriées concernant le visionnage et la divulgation des images soient en place ».

Bien que cela se soit produit dans un endroit localisé, ces révélations peuvent porter préjudice au géant suédois du retail, d’autant plus qu’elles ne semblent pas respecter les conditions rappelées par l’ICO. Cet incident met à nouveau un coup de projecteur sur les conditions de travail des personnes évoluant dans les centres de distribution des mastodontes du commerce, où la surveillance est souvent très poussée.