Le dénouement serait proche pour Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, retenu au Canada depuis fin 2018 et sous le coup d’un mandat américain. Selon le Wall Street Journal, les procureurs américains et la fille de Ren Zhengfei, fondateur de Huawei, sont parvenus à un accord. Ce dernier doit être formalisé ce 24 septembre au cours d’une audience en visioconférence entre New York et Vancouver.

La fin d’une saga qui traîne depuis trois ans

Meng Wanzhou est accusée par les États-Unis d’avoir outrepassé les sanctions du pays sur l’Iran. Elle aurait trompé la Banque HSBC pour que Huawei commerce avec l’Iran. Des accusations qu’elle a toujours niées : fin 2020, un premier cycle de négociation avait échoué, car elle refusait de reconnaître avoir violé la loi américaine.

Cette fois Meng Wanzhou, âgée de 49 ans, aurait accepté de plaider coupable et régler une lourde amende dans l’espoir de revoir sa famille restée en Chine. Depuis 2019, la quarantenaire est en résidence surveillée à Vancouver.

Elle y conteste son extradition vers les États-Unis devant la justice canadienne. Les audiences se sont achevées en août et la décision devait être fixée au 21 octobre. Elle pourrait ne jamais avoir eu lieu.

En cas d’accord, Huawei devrait être exclu de plaider coupable et sortir blanchi. Le Global and Mail, quotidien de Toronto, s’interroge de son côté sur la présence ou non de deux prisonniers canadiens en Chine dans l’accord. Les deux hommes, Michael Kovrig et Michael Spavor ont été accusés d’espionnages par Pékin et enfermés peu après Meng Wanzhou. Pékin a toujours nié une mesure de rétorsion, sans vraiment convaincre. Ils ont été récemment condamnés à plusieurs années de prison.

De Meng Wanzhou aux tensions géopolitiques sino-américaine

Cette affaire, en apparence anecdotique, ne l’est pas. L’arrestation Meng Wanzhou a été le principal déclencheur de la montée des tensions entre Pékin et Washington. La guerre commerciale de l’administration Trump contre celle de Xi Jinping à débuter par Huawei et sa domination de la 5G.

Le changement d’administration aux États-Unis et la libération de Meng Wanzhou ne suffiront sans doute pas à rétablir les relations sino-américaines. Joe Biden semble bien décidé à poursuivre la politique de son prédécesseur, dans un style certes plus feutré : ne faire aucune concession à la Chine.