Didi est au cœur de folles rumeurs et d’informations contradictoires depuis que l’entreprise a été prise en grippe par le pouvoir chinois, en juillet. La dernière en date ? Jean Liu, présidente et cofondatrice de Didi Global, préparerait son départ d’après une dépêche de Reuters publiée le 20 septembre. L’entreprise dément formellement.

Jean Liu, la star de Didi

Pour Didi, Jean Liu n’est pas n’importe qui, fille du fondateur de Lenovo et ancienne banquière de Goldman Sachs, elle a largement contribué à faire de l’entreprise ce qu’elle est. Arrivée en 2014 dans la société qui s’appelait encore Didi Dache, elle a directement participé à la fusion avec son concurrent Kuaidi l’année suivante. Elle a également pris part à des levées de fonds spectaculaires et joué un rôle dans le rachat d’Uber en Chine.

Jean Liu détient 1,6% de participation, soit 640 millions de dollars actuellement et contrôle 23% des voix de l’entreprise. Une personne essentielle a Didi qui, selon plusieurs sources de Reuters, aurait informé ses proches collaborateurs d’un départ imminent. Elle aurait encouragé ces derniers à rechercher de nouvelles opportunités.

Reuters rapporte également que cette décision serait liée à la crainte d’une prise de contrôle imminente de l’entreprise par le gouvernement et la nomination d’une nouvelle direction. Didi a directement infirmé les informations de l’entreprise de presse. Le South China Morning Post signale que l’entreprise a répondu publiquement sur Weibo, le Twitter chinois, « La rumeur de Reuters concernant le changement de direction chez Didi est une information inexacte ». Donner le nom d’un média ainsi serait un acte extrêmement rare pour Didi selon le journal hongkongais.

Pékin est rancunier

L’entreprise est dans la tourmente depuis son introduction en bourse à New York le 30 juin. Pour les observateurs, Didi a eu le tort de forcer l’opération malgré une demande de suspension de la puissante Administration du cyberespace de Chine (CAC). Cette dernière voulait mener un examen de cybersécurité pour évaluer la protection des données de Didi.

Depuis, l’Uber chinois va de sanction en sanction, le CAC et six ministères mènent un examen approfondit sur la collecte et l’utilisation de données personnelles des utilisateurs, les mécanismes de tarifications et pratiques anticoncurrentielles.

Ni Didi ni les autorités ne communiquent sur les résultats de ces contrôles, ce qui a tendance à alimenter les spéculations autour de l’entreprise. Elle serait sur le point de quitter la bourse de New York, sa gestion des données serait reprise par Pékin, et le gouvernement voudrait mettre la main sur la société…

Le départ de Jean Liu est donc la dernière spéculation en date. Reuters reconnaît que l’intéressé n’a pas souhaité s’exprimer et des documents officiels actant la démission n’ont pas été retrouvés. Le départ de Jean Liu, pas plus que les autres rumeurs, ne semblent si aberrants tant Pékin s’en prend à Didi. Pour le moment toutefois, rien ne s’est concrétisé.