Les annonces d’investissements à plusieurs milliards, voire plusieurs dizaines de milliards d’euros dans le secteur des semi-conducteurs s’amoncellent à la faveur d’une pénurie mondiale qui n’en finit plus. C’est au tour d’Intel de dévoiler le 7 septembre un nouveau plan d’investissement de 80 milliards d’euros sur dix ans, destinés cette fois à l’Europe.

Intel dans la course mondiale aux puces

Pat Gelsinger, PDG d’Intel, l’a révélé lui-même à l’occasion du salon de l’automobile de Munich. Deux nouvelles grandes usines de fabrication de puces doivent être construites sur le Vieux Continent dans le cadre de la stratégie mondiale d’Intel d’augmentation de sa production.

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Intel suit la voie de ses grands concurrents. La Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC) a annoncé 100 milliards de dollars d’investissement sur les trois prochaines années, Samsung a porté en août ses investissements à 205 milliards de dollars sur trois ans. L’entreprise chinoise Semiconductor Manufacturing International Corporation (SMIC) a lancé un nouveau projet d’usine pour près de 9 milliards de dollars.

Intel multiplie les projets d’usines aux États-Unis. Le secteur des semi-conducteurs se met en ordre de bataille pour faire face à une pénurie appelée à durer jusqu’en 2023. À l’Europe d’accueillir une part de ces investissements.

L’Europe veut produire 20% des semi-conducteurs du monde d’ici 2030

La France fait partie des pistes privilégiées par l’entreprise américaine pour accueillir au moins un site, tout comme l’Allemagne précise Reuters. La Pologne où Intel a déjà des installations fait partie des hôtes potentielles avec la Belgique et les Pays-Bas. La réponse sera connue d’ici la fin de l’année.

Depuis mars l’Europe suit plusieurs pistes pour augmenter sa capacité locale de production de puces. L’objectif fixé par l’Union européenne est de doubler la part de marché du continent pour la fixer à 20% d’ici 2030. Pat Gelsinger avait réclamé en avril des aides financières au Commissaire européen Thierry Breton pour favoriser l’implantation d’usines Intel.

L’automobile, déjà affaiblie par la pénurie, s’attend à voir ses besoins augmenter

Salon de l’auto oblige, Pat Gelsinger a également évoqué la production des puces automobiles. Le secteur est l’un des plus affectés par la pénurie actuelle. Ford, General Motors, Volkswagen, tous les plus grands constructeurs sont touchés. Toyota a annoncé en août abaisser de 40% ses capacités de production. En France, à Onnaing, dans le Nord, 4000 salariés de la firme sont au chômage technique depuis presque trois semaines.

Le PDG d’Intel a annoncé que la production de son usine irlandaise serait réorientée vers ce type de semi-conducteur. Il estime que les besoins du secteur ne vont faire qu’augmenter dans les années à venir avec les nouvelles capacités d’assistance au conducteur, écran tactile et autres fonctionnalités.

Selon Pat Gelsinger les puces représenteront 20% des coûts matériels des véhicules d’ici 2030 contre 4% en 2019. Il s’attend à ce que ce segment du marché bien précis double en valeur pour s’établir à 97 milliards d’euros au cours de la prochaine décennie.