En Californie, un projet de loi qui sera soumis à un vote du Sénat cette semaine prévoit de grandement améliorer les conditions de travail dans les entrepôts. Si elle n’est pas officiellement citée, Amazon est directement visée par le texte.

Agir maintenant pour éviter que cela n’empire

Rédigé par Lorena Gonzalez, membre de l’Assemblée de l’État de Californie, il prévoit notamment d’interdire les quotas de productivité empêchant les travailleurs de prendre des pauses pour aller aux toilettes par exemple, et qui ne respectent pas les mesures sanitaires et sécuritaires prévues par la loi. Le texte obligerait par ailleurs les dirigeants des entrepôts à fournir des données sur les quotas qu’ils imposent à leurs salariés.

« Nous savons que l'avenir du travail tombe dans ce genre d'algorithmes, d'IA. Si nous n'intervenons pas maintenant, d'autres entreprises s’y mettront également », a déclaré Lorena Gonzalez. En effet, de plus en plus de sociétés, et bien entendu Amazon qui en est l’une des pionnières, utilisent des intelligences artificielles pour traquer la productivité des employés, ne leur offrant aucune marge d’erreur.

Si le géant de l’eCommerce assure que les objectifs à atteindre sont déterminés en prenant en compte des informations sur chaque travailleur, force est de constater que ces derniers subissent les conséquences néfastes d’un tel système.

Le logo d'Amazon sur la devanture d'un entrepôt.

Si le texte passe, Amazon devra revoir ses pratiques dans ses entrepôts californiens. Photographie :
Bryan Angelo / Unsplash

Les conditions de travail chez Amazon sous le feu des critiques

En effet, de nombreux employés d’Amazon ont expliqué devoir écourter leurs pauses déjeuners et même éviter de se rendre aux toilettes afin de respecter leurs objectifs, certains allant même jusqu’à uriner dans des bouteilles pour y parvenir. Par ailleurs, le taux de blessures des employés d’Amazon est 80 % plus élevé que chez certains de ses concurrents comme Walmart. Cela est notamment dû à la robotisation des entrepôts de la firme, forçant les travailleurs à adopter des gestes rapides et répétitifs.

Le géant du commerce en ligne est en outre critiqué pour le peu de mesures mises en œuvre pour améliorer les conditions de travail de ses employés. Il est même accusé d’être illégalement intervenu dans les élections d’un syndicat de travailleurs dans l’un de ses entrepôts en Alabama. Néanmoins, le texte de loi, si approuvé, pourrait être un coup dur pour la firme, tant l’État de la Californie est important pour son activité outre-Atlantique.

Pour rappel, Amazon vient de lancer une large campagne de recrutement dans le monde, et continue de voir ses profits augmenter de manière exponentielle depuis le début de la pandémie.