Les conflits entre les entreprises de Jeff Bezos et SpaceX continuent de s’accentuer. Alors que Blue Origin a porté plainte contre la NASA concernant le choix de Starship en tant qu’alunisseur du programme Artemis, la firme d'Elon Musk vient d’adresser une lettre très critique d’Amazon à la FCC, l’agence américaine chargée de réguler les télécommunications, la radio, la télévision et Internet.

Amazon s’en prend à SpaceX auprès de la FCC

Ce différend concerne Starlink, le réseau d’Internet par satellite de SpaceX qui dessert d’ores et déjà 14 pays et fait de l’ombre à la concurrence. En effet, l’entreprise spatiale souhaite encore agrandir sa constellation qui compte actuellement près de mille-huit-cents satellites ; pour cela, elle a formulé une autorisation auprès de la FCC pour déployer près de trente-mille nouveaux appareils. La demande de SpaceX contient deux configurations différentes, et si la firme a avoué préférer la première, elle assure avoir « fourni des informations sur une deuxième option dépendant du calendrier de développement des satellites et du véhicule de lancement ».

Selon Amazon, qui a déposé un recours auprès de la FCC, proposer deux configurations rend la tâche bien plus ardue pour les autres opérateurs satellites qui doivent « examiner les problèmes d'interférence et de débris orbitaux soulevés par l'amendement de SpaceX ». Le géant de l’eCommerce estime ainsi que l’entreprise d’Elon Musk viole une règle attestant que les demandes d’autorisation doivent être complètes et ne contenir aucune incohérence.

Amazon possède aussi un projet de couverture Internet globale par satellite. Image : Amazon

Pour SpaceX, Amazon veut juste combler son retard en passant par une alternative juridique

Dans sa lettre, dans laquelle elle demande à la FCC de rejeter le recours d’Amazon, SpaceX assure que la démarche de cette dernière ne vise qu’à freiner ses plans pour le déploiement de Starlink en lui mettant des bâtons dans les roues :

« Les antécédents d'Amazon démontrent amplement qu'à mesure qu'elle prend du retard sur ses concurrents, elle est plus que disposée à utiliser les processus réglementaires et juridiques pour créer des obstacles destinés à empêcher ces concurrents de la laisser encore plus loin derrière. Ces jeux ont malheureusement des conséquences réelles pour les consommateurs, qui ne sont pas seulement privés de service à cause du développement rampant d'Amazon, mais qui perdent aussi l'accès à une concurrence plus rapide ».

Car de son côté, Amazon travaille également sur une constellation de satellites destinés à apporter une couverture Internet globale et baptisée projet Kuiper. D’ailleurs, la FCC lui a accordé, en 2020, l’autorisation pour le déploiement de plus de 3 200 appareils, avec des premiers lancements prévus en 2023. Avant cela, Amazon doit toutefois fournir des informations concernant ses mesures pour éviter que ses satellites n’interfèrent avec d’autres systèmes ainsi qu’un plan de réduction des débris spatiaux. Pour SpaceX, c’est le retard accumulé par l’entreprise fondée par Jeff Bezos qui la pousse à avoir recours à des alternatives juridiques.

Le géant du spatial n’a d’ailleurs pas hésité à lancer une pique à Bezos pour conclure sa lettre : « Comme l'a dit l'ancien directeur général d'Amazon dans le passé, les manœuvres procédurales - comme celles qu'Amazon déploie maintenant - sont "devenues un goulot d'étranglement plus important que la technologie". La Commission devrait reconnaître cette manœuvre pour la tactique d'obstruction qu'elle est, rejeter la demande d'Amazon et soumettre rapidement l'amendement aux commentaires du public ».

Décidément, l’armistice entre Jeff Bezos et Elon Musk n’est pas prêt d’être signé.