Tout fini par arriver... Le 1er septembre Apple a décidé que les développeurs de certaines applications auront la possibilité d’y ajouter un lien vers un site tiers pour que les utilisateurs procèdent à un abonnement. Une pratique jusque-là prohibée par les règles de l’App Store. La marque à la pomme impose en temps normal son système de paiement in-app et récupère, au passage, 30% de commission.

Apple étend au monde un accord pris au Japon

Bien sûr, Apple n’a pas eu l’idée de cet assouplissement tout seul. Il s’agit du fruit d’une entente prise avec l’équivalent de l’Autorité de la concurrence au Japon, la Japan Fair Trade Commission (JFTC). En échange les autorités japonaises ont accepté de clore une enquête lancée en 2016 pour violation de la loi anti-monopole.

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Dans un communiqué révélant la conclusion, la marque à la pomme a déclaré « bien que l'accord ait été conclu avec la JFTC, Apple appliquera ce changement à l'ensemble des applications de lecture de la boutique ». La mise à jour de l’App Store, prévu pour 2022, sera déployée sur l’ensemble des marchés d’Apple.

Elle ne concernera malheureusement pas l’ensemble des applications. Seules les applications dites de « lectures » pourront ajouter un lien vers un site de vente extérieur. Apple décide unilatéralement les services qui entrent dans cette catégorie comme Netflix, Spotify, Kindle, presse…

Un geste en trompe-l’œil

L’effort pour Cupertino est modéré. La plupart de ces services ne rapportaient plus grand-chose, Netflix ne propose plus d’abonnement via son application depuis 2018 au grand dam d’Apple. C’est également le cas pour Spotify qui a déposé plainte auprès de l’Union européenne pour abus de position dominante. Une porte-parole de l’entreprise de streaming suédoise a confié au Wall Street Journal que les changements seront évalués, mais qu’ils ne résoudront pas le conflit entre les deux.

Selon le texte publié par Apple, des directives spécifiques vont être transmises aux développeurs pour l’intégration de leur lien « pour s'assurer que les utilisateurs d'applications de lecture continuent de bénéficier d'une expérience sûre sur l'App Store ».

Le système de paiement in-app au cœur de la tempête

La sécurité a toujours été l’argument phare d’Apple pour imposer son système de paiement in-app, commissionnée, aux développeurs d’application pour l’App Store. Phil Schiller, qui supervise l’App Store chez Apple explique, « La confiance sur l'App Store est tout pour nous. L'objectif de l'App Store est toujours de créer une expérience sûre et sécurisée pour les utilisateurs ».

Cet argument est matraqué aux responsables politiques américains et européens qui ont tendance à y voir de plus en plus un abus de position dominante. C’est en tout cas ce qu’en a conclu la Corée du Sud, le premier pays à interdire ce système d’exclusivité forcé. Par ailleurs Apple va probablement être inculpé dans l’affaire qui l’oppose à Spotify, elle est en attente de l’issue de son procès contre Epic Games

Depuis quelques mois Cupertino donne des signes d’apaisement. Elle a réduit sa commission de moitié pour les développeurs de petites applications. Fin août elle a autorisé les applications à communiquer indirectement à leurs utilisateurs l’existence d’autres méthodes de paiements. Des gestes, comme celui du 1er septembre, reste à bien des égards trop timide pour mettre un terme aux procédures en cours contre Apple.