Après avoir présenté de nouveaux outils permettant de lutter contre la pédopornographie, Apple s’est rapidement retrouvé dans une vive polémique autour du respect de la vie privée. Malgré une FAQ répondant aux principales interrogations, des ONG se sont rapidement prononcées contre ces dispositifs de protection des enfants. À la suite de tout ce brouhaha médiatique, une cadre supérieure d’Apple a finalement admis que la présentation de ses nouvelles fonctionnalités avait été « assez brouillonne ».

De nouvelles fonctionnalités pour lutter contre la pédopornographie

En début de semaine dernière, Apple a levé le voile sur plusieurs outils visant à lutter contre la pédopornographie. Nous pouvions ainsi apprendre que deux outils allaient prochainement arriver sur les iPhone : un premier numérisant les photos entrantes et sortantes envoyées à des enfants afin de rechercher si celles-ci comportaient des images à caractère sexuel ; et le second cherchant du contenu pédopornographique dans la galerie photo de tous les propriétaires d’iPhone.

Bien évidemment, le système que souhaite mettre en place Apple a rapidement et vivement été critiqué, notamment par les experts en cybersécurité, ainsi que les militants de la protection de la vie privée. Via cette nouvelle politique de protection des enfants, ces derniers soulignaient notamment qu’Apple s’éloignait de son engagement stipulant que les iPhone sont des alliés de la vie privée pour leurs utilisateurs.

Malgré une réponse rapide d’Apple face aux multiples inquiétudes, stipulant notamment qu’aucun humain ne verrait les photos utilisées par cet outil (à l’exception de seuil spécifique très élevé de sécurité), les défenseurs de la vie privée avouent avoir peur que d’autres outils suivent et continuent d’affaiblir la confidentialité des iPhone.

Un système mal amené par Apple

Dans une interview accordée au Wall Street Journal, Craig Federighi, responsable des logiciels d’Apple, a récemment avoué que la façon dont ses fonctionnalités ont été annoncées était une « recette pour ce genre de confusions ». C’est pour cela que « beaucoup de messages ont été mélangés de façon assez mauvaise en termes de compréhension des choses ». Il souligne par la suite qu’Apple continue de « se sentir très positif et très fort dans ce que nous faisons », peu importent les contestations au sein de l’entreprise, ou à l’extérieur.

Craig Federighi admet cependant qu’Apple n’a pas fait assez pour expliquer correctement ces nouvelles fonctionnalités de lutte contre la pédopornographie. Selon lui, le problème principal de cette annonce aurait été le manque de distinction entre les deux nouvelles fonctionnalités, ce qui a, par exemple, laissé penser que les photos envoyées via des messages seraient aussi concernées. Au niveau de la fonctionnalité scannant la galerie de l’iPhone pour détecter de possibles images pédopornographiques, le responsable a précisé que tout se passait sur l’iPhone. Cela signifie qu’Apple ne verra aucune de vos images.

Apple annonce aussi qu’il permettra aux chercheurs en cybersécurité d’« inspecter ce qu’il se passe » sur les iPhone lorsque ce nouveau dispositif fonctionne. « Ainsi, si des changements étaient apportés pour étendre le champ d'application d'une manière ou d'une autre - d'une manière que nous nous étions engagés à ne pas faire - il y a une vérifiabilité, ils peuvent repérer ce qui se passe », explique-t-il.