Salesforce s’élance dans le monde de l’information avec une plateforme de streaming vidéo : Salesforce+. Avec ce service, le leader du CRM s’adresse principalement aux professionnels. Annoncée le 10 août 2021, cette plateforme de streaming sera lancée en septembre lors de la conférence annuelle de Salesforce, la Dreamforce. Une application doit sortir peu de temps après.

Attirer des prospects grâce à l’information

« Les personnes qui regardent Disney+ et ESPN+, sont les mêmes que celles qui regardent le contenu de Salesforce dans un contexte professionnel, alors pourquoi ne pas suivre cette direction ? », interroge dans un communiqué Colin Fleming, le vice-président marketing monde de Salesforce.

La création de cette plateforme s’inscrit dans une nouvelle stratégie d’acquisition clients. Les responsables marketing et commerciaux, et plus généralement les personnes désireuses de développer leur environnement technologique, incarnent leur cœur de cible de ce service de streaming vidéo. L’objectif est de les inciter à « vouloir utiliser nos produits et à s'engager davantage avec nous », affirme à Axios Sarah Franklin, la directrice marketing de Salesforce.

« Nous avons examiné le paysage médiatique, là où les gens consomment du contenu, et nous avons décidé que l'époque des livres blancs dans un environnement business-to-business n'était plus intéressante », explique Colin Fleming.

De l’information créée pour et par les entreprises

Salesforce+ proposera quatre chaînes, dont une intitulée Primetime. Cette dernière diffusera les principales émissions sous le modèle du « primetime des Jeux olympiques, résumant les points forts de toutes les choses importantes qui se passent », détaille Colin Fleming. Les sujets des émissions proposées tourneront autour du portefeuille de produits de la marque, Customer 360, mais aussi autour des défis que rencontrent les dirigeants d’entreprises ou encore sur le développement commercial.

Si dans un premier temps la majorité du contenu est produite par le leader du CRM, dans un second temps l’objectif est d’avoir du contenu produit par la communauté de Salesforce+. Ainsi, des portraits et histoires d’entreprises seront diffusés. Un canal sera dédié aux activités industrielles. Dans tous les cas, un but reste commun : « repenser comment réussir dans le nouveau monde numérique », indique Sarah Franklin dans une déclaration relayée par TechCrunch.

Annoncé pour le moment en accès gratuit et sans publicité, il se pourrait que Salesforce décide finalement de tirer un profit financier de cette plateforme autre que de l’acquisition client. Brent Leary, fondateur de CRM Essentials Limited, estime que du contenu sponsorisé pourrait faire son arrivée. « Un client pourrait sponsoriser une émission, y faire de la publicité ou éventuellement y collaborer... et avoir des prospects générés par l'émission directement liés à l'activité de ces options tout en suivant le retour sur investissement, et le tout sur une seule plate-forme », présage Brent Leary.

L’univers de l’information n’attire pas seulement Salesforce

Pour développer Salesforce+, l’éditeur de logiciels de gestion de la relation client s’appuie sur l’expérience de son blog et de sa série « Guider à travers le changement ». Ce programme a débouché sur la création de 70 épisodes vidéos comptabilisant près de 700 millions de vues. Une cinquantaine de responsables éditoriaux et une centaine d’employés de Salesforce travaillent actuellement sur le projet.

Alors que Slack appartient officiellement à Salesforce depuis juillet 2021, l’annonce de la plateforme de streaming pour professionnels témoigne à la fois d’une diversification des activités de l’éditeur de CRM et d’une nouvelle approche marketing. L’entreprise n’est d’ailleurs pas la seule à prendre ce tournant. L’éditeur de logiciel Hubspot a également acheté un média, The Hustle, qui propose de l’information liée à la technologie et au monde des affaires via une newsletter.

Aux derniers résultats trimestriels publiés en mai, Salesforce a affiché un chiffre d’affaires de 5,96 milliards de dollars, soit une augmentation de 23% par rapport au même trimestre de l’année précédente.