La pression monte d’un cran dans le secteur de l’EdTech. Le 6 août, Duolingo a été supprimé de plusieurs magasins d’applications chinois. En cause, les récentes menaces et restrictions imposées par les régulateurs de l’Empire du Milieu.

Duolingo et d’autres applications éducatives basées à l’étranger visées

Après une entrée en bourse réalisée avec succès, Duolingo redescend de son nuage. L’application, qui est arrivée en Chine en 2019, n’existe plus sur les plateformes de téléchargement de Huawei et Xiaomi. Les utilisateurs l’ayant déjà sur leurs smartphones peuvent néanmoins continuer de l’utiliser. Par ailleurs, elle reste disponible dans l’App Store d’Apple.

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La firme travaille actuellement sur le problème, rapporte le South China Morning Post. “La Chine continue d’être un marché à fort potentiel pour Duolingo et nous sommes fiers de fournir des cours de langue gratuits de qualité à nos utilisateurs là-bas”, a-t-elle expliqué.

L’application n’est pas la seule à avoir été supprimée. En effet, Memrise et Beelinguapp ont également disparu des plateformes de téléchargement. Lernu, qui promeut et enseigne l’Espéranto, et Busuu, qui met en relation des apprenants avec des natifs, étaient aussi indisponibles.

La Chine sévit contre l’EdTech

De nombreuses entreprises de l’EdTech font l’objet d’une surveillance accrue. Certaines sont contraintes de céder à la pression exercée par les régulateurs. Parmi elles, ByteDance, qui a dû réduire ses services et se séparer d’une centaine d’employés. Les géants chinois Zuoyebang et Yuanfudao seraient en train de faire de même.

En cause, les restrictions qui s’accumulent. Bientôt, les sociétés du secteur pourraient être obligées de s’enregistrer en tant qu’associations à but non lucratif. De plus, il est envisagé d’interdire les cours privés le week-end, les jours fériés et durant les vacances scolaires. L’objectif serait d’alléger la charge de travail des écoliers, mais aussi la pression financière à laquelle doivent faire face leurs parents.

Ainsi, les régulateurs s’attaquent désormais aux applications d’apprentissage de langues basées à l’étranger. Élément important, celles développées par des firmes chinoises étaient toujours disponibles sur les plateformes de téléchargement. L’Empire du Milieu démontre, une nouvelle fois, qu’il ne veut laisser aucune place à la concurrence, souhaitant avoir le monopole dans tous les secteurs. Par exemple, les entreprises chinoises qui se sont introduites en bourse à l’étranger ont rapidement subi un retour de bâton, dont Didi Chuxing, qui a également disparu des magasins d’application.