Ce vendredi 30 juillet, une fusée Ariane 5 a lancé deux satellites de télécommunications avec succès jusqu’en orbite de transfert géostationnaire. Parmi eux, l’Eutelstat Quantum. Il s’agit du premier satellite commercial flexible et reprogrammable au monde.

Quantum, l’avenir des satellites de télécommunications ?

Il était 23h (heure de Paris) lorsque le lanceur européen a décollé depuis la base de lancement du centre spatial guyanais à Kourou. Heureusement pour Arianespace et l’Agence spatiale européenne (ESA), tout s’est bien passé pour Ariane 5 malgré une période difficile, comme l’explique Clubic. En effet, lors de son précédent lancement en 2020, la fusée a connu un important problème de coiffe (aujourd’hui résolu), tandis que la crise de Covid-19 a également touché le secteur du spatial.


Cette mission revêtait ainsi une importance toute particulière pour le lanceur : en plus du satellite de télécommunications Star One D2 commandé par Embratel, il transportait le Quantum, fruit d’une collaboration entre la société Eutelstat, l’ESA et Airbus Defense and Space. Étant flexible, il représente une solution d’avenir pour le secteur, et pourrait bien marquer le début d’une production en série de satellites, quand ils sont aujourd’hui des appareils uniques, note le Figaro. Reprogrammable par le client en quelques minutes, Quantum pourrait notamment permettre de développer « une couverture mobile pour des avions, des navires, ou des services gouvernementaux en cas de catastrophe naturelle », continue le média.

L’avenir du lanceur européen assombri par le succès de SpaceX

Maintenant que Quantum est en orbite, les yeux sont rivés sur le prochain lancement d’Ariane 5, et pas des moindres. Le fleuron européen sera en effet chargé, à l’automne, de transporter le James Webb Space Telescope de la NASA jusqu’au point de Lagrange, du jamais vu pour la fusée à ce jour. Par ailleurs, il s’agira de la charge la plus chère de l’histoire du lanceur, et un véritable bijou de technologie pour venir remplacer le désormais culte Hubble, qui ne devrait pas tarder à prendre sa retraite.

Au cours de la décennie, Ariane 5 laissera place à son successeur, Ariane 6. Si le secteur spatial européen misait très gros sur son prochain lanceur, il a désormais du souci à se faire, notamment face au succès et à l’innovation proposés par des entreprises privées comme SpaceX. En 2019 déjà, la Cour des comptes jugeait qu’Ariane 6 était « trop conventionnelle » pour faire de l’ombre à la firme d’Elon Musk, qui a largement fait baisser les coûts de lancements grâce à des appareils réutilisables.