Ce 30 juillet 2021, Deliveroo a annoncé envisager de quitter le marché espagnol. Pour expliquer cette réflexion, le service de livraison de repas à domicile a prétexté que le marché du pays n'était pas assez juteux. En cause, une nouvelle législation qui entrera en vigueur le 12 août prochain, et qui obligerait le service de livraison à qualifier ses livreurs en salariés.

Deliveroo est prêt à dire adieu à l'Espagne

Au mois de mai 2021, l'Espagne a adopté une loi exigeant que les entreprises de services à la demande considèrent leurs coursiers et livreurs comme des salariés. Rappelons qu'à l'heure actuelle, comme presque partout à travers le monde, ces derniers sont considérés comme des travailleurs indépendants. Ils ne bénéficient ainsi d'aucune protection sociale, et travaillent souvent pour des sommes dérisoires compte tenu de la pénibilité de leur travail, et des risques encourus.

Si cette nouvelle loi était - à priori - une bonne nouvelle pour les 3 500 livreurs travaillant pour Deliveroo, ils pourraient finalement rapidement déchanter. En effet, le service de livraison de repas à domicile craint que cette nouvelle législation rende ses opérations plus coûteuses dans le pays ce qui, compte tenu de sa modeste part de marché, n'est pas envisageable à ses yeux. La solution serait donc de quitter l'Espagne, ni plus, ni moins.

Dans son communiqué, la firme britannique détaille : "L'Espagne représente moins de 2 % de la GTV [valeur brute de la transaction, NDLR] de Deliveroo au premier semestre 2021. La société a déterminé que l'obtention et le maintien d'une position de premier plan sur le marché espagnol nécessiteraient un niveau d'investissement disproportionné avec des rendements potentiels à long terme très incertains qui pourraient avoir un impact sur la viabilité économique du marché pour la société".

Pour l'heure, Deliveroo réfléchit encore à la question. Elle entre dans un processus de consultation, qui pourrait durer jusqu'à un mois, pour analyser le marché plus en profondeur, et ainsi décider si oui ou non, elle quittera définitivement l'Espagne.

3 500 livreurs pourraient être privés de leur travail

Les premiers à souffrir de cette décision seraient évidemment les coursiers qui travaillent pour Deliveroo. Ils seraient actuellement 3 500 en Espagne, et pourraient perdre leur source de revenus quasiment du jour au lendemain. Dans son communiqué de presse, le service de livraison de repas a tout de même souhaité les rassurer avec de maigres consolations : "Si la société décide de mettre fin aux opérations (...), elle s'assurera qu'une rémunération appropriée et des packages de bonne volonté, conformes à toutes réglementations et lois locales, soient disponibles pour les coursiers et les employés".

Deliveroo met les points sur les i

En conclusion à son annonce, Deliveroo a rappelé que les "modifications de la législation du travail qui entraîneraient des coûts supplémentaires en raison de l'embauche des coursiers (...) rendraient certains marchés non-rentables et chasseraient" les entreprises s'y étant installées.

Enfin, rappelons qu'Uber et Lyft, qui dépendent du même système avec leurs chauffeurs et les livreurs, ont été confrontés à une situation similaire en Californie, et avaient d'ailleurs menacé de quitter l'État américain. Ils ont finalement obtenu gain de cause grâce à un référendum qui a voté l'acceptation de leur proposition.