Suite aux révélations du Projet Pegasus, NSO Group aurait décidé d'empêcher temporairement plusieurs de ses clients gouvernementaux d'utiliser sa technologie, a déclaré un employé de l'entreprise israélienne à nos confrères de NPR ce 29 juillet 2021. Cette suspension devrait durer le temps que l'enquête sur leur possible utilisation abusive du logiciel espion Pegasus soit menée.

NSO Group prend des mesures en interne

Alors que NSO Group continue de démentir publiquement toutes les accusations portées par l'affaire du Projet Pegasus, l'un de ses employés a décidé de s'exprimer sous couvert d'anonymat. Il semblerait qu'au sein de la société israélienne, une enquête soit actuellement en cours pour déterminer si certains de ses clients gouvernementaux ont utilisé le logiciel espion Pegasus à mauvais escient. "Une enquête est en cours sur certains clients. Certains de ces clients ont été temporairement suspendus", a précisé la source. Elle n'a néanmoins pas souhaité détailler quels étaient les gouvernements qui ont été suspendus, ni combien étaient concernés.

L'employé de NSO Group est également revenu sur le sujet de la liste de 50 000 numéros sur laquelle s'est appuyée l'enquête d'Amnesty International. Il a déclaré que certains des numéros avaient été vérifiés par sa société, et qu'aucun lien n'a pu être établi entre eux, et le logiciel Pegasus.

Rappelons que NSO Group revendique 60 clients venus de 40 pays à travers le monde : agences de renseignement, organismes d'application de la loi, armées... Elle affirme également avoir déjà bloqué ses logiciels auprès de 5 agences gouvernementales au cours de ces dernières années, après avoir trouvé des preuves d'utilisation frauduleuse. Par ailleurs, la société a toujours affirmé ne vendre ses logiciels espions qu'à des fins de lutte contre la criminalité et le terrorisme.

Avant le Projet Pegasus, de nombreuses affaires remettaient déjà en cause cette politique. En 2019, WhatsApp a notamment porté plainte contre NSO Group après avoir détecté des attaques contre ses utilisateurs. Le FBI a également lancé une enquête à l'encontre de la société, alors soupçonnée d'avoir été à l'origine de piratages gouvernementaux. Seulement quelques mois après, CitizenLab affirmait que Pegasus avait été utilisé pour pirater les iPhone des journalistes d'Al Jazeera.

Des enquêtes internationales sont en cours

Au-delà de l'investigation qui est menée en interne par NSO Group, d'autres ont été ouvertes par la France et l'Israël. Nous avons d'ailleurs appris, ce 29 juillet 2021, que les premières analysées lancées par les autorités françaises ont démontré que les téléphones personnels de trois journalistes avaient bel et bien été infectés par Pegasus, comme l'avait révélé Amnesty National.

Concernant l'enquête israélienne, celle-ci a démarré mercredi 29 juillet 2021. Des fonctionnaires se sont rendus dans les locaux de NSO Group "afin d'évaluer les allégations soulevées à l'égard de la société", a déclaré le ministère de la défense dans un communiqué. L'employé de NSO qui a parlé sous couvert d'anonymat a également précisé que sa firme coopérait pleinement avec l'investigation israélienne, et qu'elle cherchait à prouver aux responsables gouvernementaux que les personnes citées dans les rapports des médias n'étaient pas des cibles de Pegasus.