Depuis la mise en lumière du Projet Pegasus, NSO Group, l'entreprise israélienne qui a créé le logiciel espion mis en cause, n'a cessé de clamer son innocence. Une ligne de défense avec laquelle le PDG de WhatsApp, Will Cathcart, ne semble pas tout à fait concorder. Dans une interview accordée au Guardian ce 24 juillet 2021, l'homme est revenu sur une plainte déposée en 2019 contre l'entreprise israélienne.

Il a notamment révélé que cette même année, le logiciel Pegasus avaient déjà été utilisé pour espionner de hauts fonctionnaires venus du monde entier, parmi lesquels des responsables de la sécurité nationale de haut rang qui étaient alliés des États-Unis.

En 2019, 1400 utilisateurs de WhatsApp auraient été visés par Pegasus

En 2019, WhatsApp portait plainte contre NOS Group pour avoir permis à 20 pays de pirater les comptes de ses utilisateurs. Il y a quelques jours, Will Cathcart, PDG du service de messagerie appartenant à Facebook, a décidé de livrer davantage de détails sur cette affaire. L'homme a notamment affirmé voir des "parallèles" entre l'attaque contre ses utilisateurs, et celle de l'affaire "Projet Pegasus" qui a révélé que des centaines de personnes, dont Emmanuel Macron, avaient été espionnées en dehors de tout cadre légal.

Will Cathcart explique : "Les rapports [du Projet Pegasus, NDLR] correspondent à ce que nous avons vu lors de l'attaque que nous avons déjouée il y a deux ans, ils sont très cohérents avec ce que nous clamions alors". De fait, parmi les 1 400 utilisateurs de WhatsApp ciblés par le logiciel Pegasus, se trouvaient de nombreux "hauts fonctionnaires", ainsi que des journalistes et des militants des droits de l'homme. Toujours selon le PDG du service de messagerie, beaucoup de ces cibles n'avaient "rien à faire sous surveillance, de quelque manière que ce soit".

Le procès entre NSO Group et WhatsApp serait actuellement toujours en cours. La société israélienne s'est défendue de toute responsabilité, estimant profiter d'une immunité juridique puisqu'elle a agi pour le compte de clients tiers. Une ligne de défense rejetée par le juge en charge de l'affaire qui a statué en faveur du service de messagerie.

Will Cathcart tire la sonnette d'alarme

Pour le PDG de WhatsApp, cette affaire "devrait être un signal d'alarme pour la sécurité sur Internet... Les téléphones mobiles sont soit sûrs pour tout le monde, soit ils ne le sont pas pour personne". Il a d'ailleurs déclaré que suite à la découverte de ces attaques en 2019, il avait alerté plusieurs gouvernements.

Il a également salué les récentes mesures prises par Microsoft et d'autres acteurs du secteur technologique qui prennent leurs précautions face aux dangers des logiciels malveillants, et a appelé Apple - dont les téléphones sont vulnérables à ces attaques - a adopter des mesures adéquates.

"J'espère qu'Apple commencera à adopter cette approche également. Soyez bruyants, participez. Il ne suffit pas de dire 'la plupart de nos utilisateurs n'ont pas à s'inquiéter de cela'. Il ne suffit pas de dire 'oh, cela ne concerne que des milliers ou des dizaines de milliers de victimes'. Si cela affecte les journalistes et les défenseurs des droits de l'homme du monde entier, alors cela nous affecte tous", a t-il conclu.