En Chine, l’enseignement est particulièrement élitiste. Pour y faire face, nombreux sont les élèves qui assistent à des cours de soutien et de préparation d’examens, rendant cette industrie très profitable. En effet, les parents chinois sont très pointilleux sur l'éducation et la réussite de leurs enfants, et n’hésitent pas à investir des sommes importantes. Cela a permis à de nombreuses entreprises de se développer sur un marché de l’EdTech en Chine florissant.

Or, l’Empire du Milieu envisage d’exiger aux firmes de soutien scolaire de s’enregistrer en tant qu’associations à but non lucratif. Cela pourrait être accompagné de nouvelles restrictions, comme ne plus pouvoir donner de cours le week-end, les jours fériés et pendant les vacances scolaires, indique Bloomberg. L’objectif serait d’alléger la charge de travail importante imposée aux écoliers chinois, mais aussi la pression financière à laquelle font face les parents.

Le cours des spécialistes de l’éducation privée en chute libre

Cette annonce a fait chuter les actions des géants de l’éducation privée cotées en Bourse à Hong Kong et à Shanghai. New Oriental Education, l’un des plus importants du secteur, a perdu jusqu’à 40%. Koolearn Technology a reculé de 35%, tandis que Chine Maple Leaf Educational, une société préparant les étudiants à intégrer des universités étrangères, a cédé 16%. Cela a eu des conséquences sur la Bourse d’Hong Kong, qui a perdu plus de 3% à cause de ces trois valeurs.

Les actions des plus grandes entreprises chinoises de l’éducation privée chutent progressivement au fil des mois et des restrictions. Graphique : Bloomberg

Le “pire des cas est devenu une réalité”, écrivent les analystes de JPMorgan Chase & Co dans une note consultée par Bloomberg. Ces entreprises feront probablement face à des réglementations plus strictes. Parmi elles, l’interdiction de lever des capitaux ou même d’entrer en Bourse.

De nouvelles restrictions pourraient être annoncées dans les semaines à venir, qui ne seront que les dernières d’une longue liste. En juin dernier, 15 entreprises de soutien scolaire, dont la plupart en ligne, ont écopé d’amendes de plusieurs dizaines de millions de yuans. Certaines d’entre elles, dont Zuoyebang, soutenue par Alibaba, et Yuanfudao, détenue par Tencent, ont été accusées de fraude sur les prix, mais aussi de publicité mensongère.

Ce durcissement réglementaire n’est pas sans rappeler celui auquel est confronté l’ensemble des firmes chinoises du secteur du numérique. Depuis plusieurs mois, elles doivent s’adapter au nouveau plan d’action de Pékin, visant à briser les monopoles, à mieux contrôler la collecte de données, et à protéger les droits des utilisateurs. Les sociétés chinoises font donc l’objet de nombreuses enquêtes, dont Didi Chuxing, qui est soumis à un important examen de cybersécurité. De son côté, Alibaba avait écopé d’une amende de 2,3 milliards d’euros.