Selon de récentes révélations faites par Amnesty International et relayées par Bloomberg, le président Emmanuel Macron était dans le viseur du gouvernement marocain depuis plusieurs mois. Dans le cadre du Projet Pegasus les services de renseignement marocains de mettre sur écoute un téléphone du président de la République française. D'autres numéros de téléphone de dirigeants mondiaux ont été découverts parmi les mobiles surveillés par une dizaine de gouvernements.

Emmanuel Macron dans le viseur du Maroc ?

Le logiciel espion conçu et vendu par NSO Group a vraisemblablement permis à plusieurs gouvernements de surveiller des politiciens de très "haut niveau" dans le monde entier. Une douzaine de chefs d'État sont concernés selon les dernières révélations d'Amnesty International. Emmanuel Macron fait partie des victimes. Depuis plusieurs années, la société israélienne est accusée de vendre ses logiciels espions à des gouvernements corrompus pour leur permettre d'espionner des dissidents politiques, des avocats, des journalistes, des politiciens ou des militants.

Le parquet de Paris a récemment ouvert une enquête sur l'espionnage de deux journalistes de Mediapart : Lénaïg Bredoux et Edwy Plenel. Une enquête menée par un consortium international de journalistes et de chercheurs a permis de faire la lumière sur les dérives de ce logiciel malveillant. En tout, 50 000 numéros de téléphone ont probablement été corrompus. Emmanuel Macron et le roi du Maroc font notamment partie des victimes. Ces allégations ont naturellement suscité l'indignation et l'alarme dans le monde entier. Edward Snowden a par ailleurs appelé à l'interdiction rapide de cette industrie.

Des centaines de responsables gouvernementaux ont été visés par le logiciel espion

L'ONG a déclaré que : "de nouveaux éléments ont permis de révéler que les numéros de téléphone de 14 chefs d'État, dont le président français Emmanuel Macron, le Pakistanais Imran Khan et le Sud-Africain Cyril Ramaphosa, ainsi que des centaines de responsables gouvernementaux, ont été sélectionnés comme personnes d'intérêt par les clients de la société NSO Group". L'Élysée a déclaré que : "si les faits sont avérés, ils sont évidemment très graves. Toute la lumière sera faite sur ces révélations. Certaines victimes françaises ont d'ores et déjà annoncé qu'elles engageraient des poursuites judiciaires".

Pour éviter une crise diplomatique, un haut fonctionnaire israélien a déclaré que le gouvernement allait devoir se pencher sur le cas de NSO Group. Il précise ceci : "il va falloir vérifier si les rapports publiés justifient un changement dans notre politique concernant l'exportation de cyber-technologies offensives vers d'autres pays. Cette crise est très grave". De son côté, la société israélienne à l'origine du logiciel espion continue de nier les accusations. La société a publié le 20 juillet une déclaration dans laquelle elle cherche à discréditer les révélations d'Amnesty International.