Baidu, Alibaba, Tencent, Huawei, ByteDance… Les plus grandes entreprises technologiques chinoises ont signé une convention, le 13 juillet 2021, à l’occasion de la 20e China Internet Conference. Dans ce texte, les 33 signataires s’engagent à mener une concurrence loyale, protéger les consommateurs et renforcer l’innovation rapporte le South China Morning Post, un média basé à Hong Kong et propriété d’Alibaba.

Un contexte tendu pour le numérique chinois

La convention aurait été rédigée par les entreprises concernées en collaboration avec le Centre de la propriété intellectuelle de l’Académie chinoise des technologies de l’information et des communications. L’Internet society of China, qui organise la conférence, a remis avec le ministère de l’Industrie et des technologies de l’information (MIIT) une plaque en reconnaissance de leurs services.

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Cette reconnaissance et ces engagements à l’autodiscipline sont indissociables de la pression mise par Pékin sur ses géants numériques. Depuis la fin 2020, Pékin tape du poing sur la table. En février 2021, un plan d’action a été dévoilé pour améliorer le cadre réglementaire du numérique en brisant les monopoles, réglementer la collecte des données, protéger les droits des consommateurs.

Le South China Morning Post rappelle qu’à l’époque, des dirigeants chinois parlaient de mettre au pas les géants numériques. Le média est bien placé pour le savoir, Alibaba a reçu une amende de 2,82 milliards de dollars pour pratique anticoncurrentielle. L’amende est devenue le symbole de ce tour de vis. En parallèle, le charismatique dirigeant d’Alibaba, Jack Ma, a longuement disparu des radars après avoir critiqué son gouvernement. Ses apparitions restent rares aujourd’hui.

Des enquêtes par vagues

Les entreprises du numérique subissent un contrôle qui s’abat par phases. Les enquêtes antitrust, menées par l’Administration d’État pour la régulation des marchés (SAMR), ont ouvert le bal. Ensuite, l’administration chinoise du cyberespace (CAC) est venue en seconde vague.

Elle s’est intéressée aux données, et tout particulièrement à celles des utilisateurs chinois récoltées par les entreprises. Plusieurs dizaines d’applications appartenant à Tencent, Alibaba ou autre, en ont fait les frais.

Par la suite, la CAC s’est intéressée à l’introduction en bourse des entreprises technologiques chinoises à l’étranger. Didi Chuxing subit une enquête lancée deux jours après son arrivée à New York, l’obligeant à fermer plusieurs de ses services.

Le processus en cours en Chine vise à protéger les consommateurs, mais aussi à limiter la trop grande autonomie des empires numériques locaux. Selon le plan d’action de Pékin de février, une nouvelle loi va arriver en septembre pour encadrer les pratiques des grandes entreprises. En attendant, celles-ci s’engagent à « s’autodiscipliner ».