Cuba est confronté depuis plusieurs jours à la montée en puissance d'une révolte contre la gestion de la pandémie de Covid-19 par le gouvernement et les restrictions des libertés civiles. Les plus grandes manifestations antigouvernementales depuis des décennies selon Reuters. Pour tenter d'étouffer ce mouvement, le gouvernement vient de couper l'accès à Facebook et WhatsApp pour les habitants du pays.

Les plus grandes manifestations à Cuba depuis des décennies

Dimanche 11 juillet, des milliers de Cubains ont participé à des manifestations dans tout le pays pour protester contre une crise économique qui perdure et qui entraîne depuis plusieurs mois des pénuries de produits de base et des coupures de courant de plus en plus fréquentes. Les cubains protestent également contre les restrictions des libertés civiles à cause de la politique choisie par le gouvernement pour lutter contre la pandémie de covid-19. Le climat est tendu à Cuba.

Dans une déclaration officielle, le gouvernement a déclaré que : "les manifestations sont orchestrées par des contre-révolutionnaires financés par les États-Unis, qui manipulent la frustration causée par une crise économique en grande partie due à un embargo commercial américain vieux de plusieurs décennies". Les vieux démons refont surface et le conflit entre Cuba et les États-Unis semble être de nouveau d'actualité. Le président Miguel Diaz-Canel a même appelé les partisans du gouvernement à sortir et à se battre pour défendre leur pays.

Le gouvernement coupe l'accès aux réseaux sociaux

Pour tenter d'étouffer la révolte, le gouvernement a coupé l'accès aux réseaux sociaux dans tout le pays, notamment à Facebook et WhatsApp, deux réseaux largement utilisés par les cubains pour organiser les manifestations. Introduit il n'y a que deux ans, le réseau mobile a été un facteur clé dans la montée en puissance de cette révolte. Comme dans tous les pays, les réseaux sociaux sont désormais des plateformes sur lesquelles on peut exprimer ses frustrations et prendre à la parole pour toucher un maximum de personnes et les faire descendre dans la rue.

Le gouvernement l'a parfaitement compris... L'ONG NetBlocks, qui surveille l'Internet mondial, a indiqué sur son site internet que ses réseaux Facebook, WhatsApp, Instagram et Telegram à Cuba étaient partiellement perturbés depuis le 12 juillet. Alp Toker, directeur de NetBlocks, a déclaré que : "le schéma des restrictions observées à Cuba indique une répression continue des plateformes de messagerie utilisées pour organiser et partager les nouvelles des manifestations en temps réel. Dans le même temps, une certaine connectivité est préservée pour maintenir un semblant de normalité".