Souvenez-vous. En 2018, Google a été condamné à payer une amende record de 4,34 milliards d'euros par la Commission européenne dans le cadre d'une affaire antitrust concernant son système d'exploitation Android. D'après les informations de Reuters, le géant de Mountain View serait actuellement en train de se préparer à contester cette décision. Explications.

Pourquoi Google a-t-il été condamné à payer cette amende record ?

En 2018, la Commission européenne s'est penchée sur le cas du système d'exploitation Android, qui est développé par Google. Utilisé par la plupart des constructeurs au sein de leurs appareils, il occupait 85,9% des smartphones à cette époque. Il faut dire qu'Android présente de nombreux avantages pour les fabricants, et notamment le fait qu'il soit totalement gratuit, en plus d'être modifiable et personnalisable. Il leur est également possible d'insérer leurs propres services, sans être obligés d'installer ceux de Google, comme Google Maps, Gmail ou encore Chrome.

Seulement voilà... S'ils souhaitent installer un seul de ces services, Google les obligeaient à installer tous les autres avec. Pour le géant de Mountain View, cela semblait logique puisque d'après lui, toutes ses applications ont été conçues pour fonctionner comme un tout. Pour la Commission européenne, le constat a été tout autre...

Bruxelles a estimé qu'il s'agissait là d'un abus de position dominante, et a sévi lourdement en imposant à Google une amende de 4,34 milliards d'euros. Il a également été demandé à l'entreprise de cesser ses "pratiques illégales" dans les 90 jours qui ont suivi la décision, sous peine de se soumettre à de nouvelles amendes, rapporte LeTemps.

La contestation de cette amende se tiendra en septembre 2021 devant les tribunaux

Loin de vouloir se laisser faire, Google va contester cette amende lors d'une audience qui durera cinq jours et qui se tiendra à partir du 27 septembre 2021 devant le deuxième plus haut tribunal d'Europe, ont rapporté des personnes familières avec l'affaire.

Il pourra compter sur le soutien des groupes Application Developers Alliance (ADA) et Computer & Communications Industry Association (CCIA), sur celui des fabricants d'appareils Android Gigaset Communications GmbH et HMD Global Oy, ainsi que sur celui de l'entreprise norvégienne Opera Software.

La Commission européenne, quant à elle, comptera sur le soutien du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) (qui a d'ailleurs récemment porté plainte contre WhatsApp), des groupes d'édition allemands VDZ et BDZV, du moteur de recherche tchèque Seznam, du groupe de pression FairSearch et du moteur de recherche français Qwant.

Les choses vont de mal en pis pour le géant de Mountain View

Depuis 2018, on ne peut pas dire que les choses se soient vraiment arrangées pour Google, bien au contraire. Les gouvernements du monde entier tentent de reprendre le dessus sur les GAFA, et les recours se multiplient à leur encontre. Le géant de Mountain View semble d'ailleurs être une cible privilégiée.

Aux États-Unis, par exemple, l'entreprise est visée par quatre plaintes distinctes. La première concerne son projet Privacy Sandbox, quand la seconde remet en doute ses pratiques en matière de publicité. La troisième plainte, quant à elle, s'attaque au moteur de recherche incontournable de Google. Enfin, la quatrième et dernière plainte en date, vise son magasin d'applications, le Play Store.

En France, ses affaires ne sont pas bien meilleures. Le géant technologique a récemment été condamné à payer une amende de 500 millions d'euros pour ne pas avoir respecté plusieurs injonctions concernant les droits voisins.