Les ennuis continuent pour Didi, l’application équivalente à Uber en Chine. Après que les autorités de régulation chinoise (SAMR) aient ouvert une enquête en juin 2021 sur la plateforme de VTC, la Cyberespace Administration of China (CAC) a, la semaine dernière, supprimée Didi Chuxing des magasins d’applications chinois, dont l’App Store. L’entreprise a été accusée de collecter illégalement les données de ses utilisateurs. Le vendredi 9 juillet, c’est pour la même raison que les régulateurs chinois ont ordonné le retrait des plateformes de téléchargement de 25 applications appartenant à Didi.

L’étau se resserre autour de Didi

“Selon le rapport, après tests et vérifications, 25 applications telles que “Didi Enterprise Edition” ont commis de graves violations des lois et réglementations en matière de collecte et d'utilisation d'informations personnelles”, écrit la SAMR. Parmi elles, son application consacrée aux chauffeurs, son application financière et celle destinée à ses utilisateurs professionnels.

Comme pour l’ordre établi quelques jours auparavant, Didi a dû suspendre les nouvelles créations de comptes. Les applications restent disponibles pour les utilisateurs étant déjà inscrits. Malgré tout, la CAC a interdit aux sites web et aux plateformes de fournir un accès aux services liés à Didi en Chine, indique le rapport.

“Nous lancerons des enquêtes approfondies et des rectifications de tous les problèmes existants dans le strict respect des règles et règlements, ainsi qu'en référence aux normes nationales pertinentes, afin de garantir la sécurité des informations personnelles des utilisateurs" a déclaré Didi sur son compte Weibo.

La firme fait face à ces multiples suppressions seulement quelques semaines après son introduction à la bourse de New York, durant laquelle elle a levé 4,4 milliards de dollars. Ces restrictions qui lui sont imposées suscitent l’inquiétude de plusieurs actionnaires quant à la vulnérabilité de leurs investissements.

Didi n’est que le dernier sur la liste de Pékin, qui fait preuve de davantage de fermeté envers le secteur de la Tech. Les autorités chinoises craignent des risques systémiques qu’il fait courir à l’endettement du pays. Elles ont introduit de nouvelles mesures antitrust. Outre cela, le gouvernement s’en est pris aux entreprises de Jack Ma, infligeant une amende de 2,3 milliards d’euros pour pratiques anticoncurrentielles. La fintech Ant Group a, elle, été contrainte de se restructurer en holding financière, tout en se soumettant aux mêmes réglementations que les banques chinoises.

"Il est tellement clair pour moi que les gens ne devraient pas faire des affaires en Chine", a déclaré Bill Browder, un financier et activiste britannique lors d’une table ronde du Hudson Institute à la suite de ces nouvelles restrictions. "Les gens disent “Je peux gagner tellement d'argent en Chine”", a-t-il ajouté. “Eh bien, vous savez quoi ? Vous pouvez gagner tellement d'argent jusqu'à ce que les autorités décident que vous ne pouvez plus et que tout d'un coup, cela ne vaut plus rien”.