Il y a quatre ans, les employés d’Apple découvraient leur nouveau lieu de travail, l’Apple Park, au cœur de la Silicon Valley. Même si l’entreprise dispose de nombreux bureaux autour du globe, la majorité des opérations se déroule à cet endroit, mais aussi à Cupertino et sur les autres campus californiens. Or, d’après Mark Gurman, journaliste de Bloomberg, la firme tenterait de réduire cette dépendance, qui pose de plus en plus problème pour attirer de nouveaux talents.

De plus en plus dur de recruter pour Apple

Pendant plusieurs années, les équipes exécutives d’Apple s’entêtaient à penser que le futur de la technologie n’était que dans la région californienne. Or, dans sa newsletter hebdomadaire Power On, Mark Gurman explique que les dirigeants de la firme “intensifient leurs efforts” pour “se décentraliser”. En cause, la difficulté à garder ses talents, et à en recruter de nouveaux.

La raison principale est le coût de la vie au sein de la Silicon Valley. Au fur et à mesure que de nouvelles firmes de la Tech s’y installent, il devient de plus en plus cher de vivre dans la région californienne. “L’entreprise a perdu des talents qui (…) ont déclaré pouvoir à peine se permettre le coût extraordinaire de la vie dans la région de la Baie de San Francisco”, explique le journaliste, qui s’est entretenu avec des employés d’Apple.

Cupertino a pris conscience que les salaires plus élevés appliqués dans la Silicon Valley ne seraient pas suffisants pour garder ses salariés. Plusieurs de ses ingénieurs ont renoncé à travailler pour elle à cause des frais de subsistance, comme les frais de scolarité de leurs enfants ou leurs économies pour la retraite. ”Apple se rend compte qu’il ne peut plus attendre que les meilleurs designers et ingénieurs gravitent autour de son vaisseau spatial. Il doit aller là où ces gens vivent aujourd’hui”, indique Mark Gurman.

Par ailleurs, Apple a dû faire face à des problèmes supplémentaires. Parmi eux, la difficulté à diversifier ses équipes et à séduire des talents venant d’une zone géographique éloignée.

Apple se décentralise peu à peu

Pour ces raisons, se restreindre à la Silicon Valley apparaît de plus en plus comme un désavantage selon les dirigeants de la firme. Plusieurs d’entre eux s’accélèrent pour ouvrir des bureaux hors de la région californienne. Ces dernières années, certains ont vu le jour à Los Angeles, Nashville, en Floride et au Texas, en Oregon, mais aussi en Israël, en Allemagne et dans certaines régions d’Asie.

D’après Mark Gurman, l’entreprise a également investi deux milliards de dollars pour construire de nouveaux campus au Texas et en Caroline du Nord. De plus, plusieurs ingénieurs de la société ont été embauchés au Canada, en Allemagne, en Nouvelle-Zélande, en Espagne et au Royaume-Uni. Au total, ce sont des dizaines de milliers d’emplois en dehors de la Silicon Valley qui verront le jour.

Non seulement cela permettrait à Apple de recruter plus facilement, mais surtout de faire des économies. Les nouveaux locaux coûteraient potentiellement moins cher que ceux de l’Apple Park, et les salaires pourraient être moins élevés dans d’autres États américains.

L’extension du télétravail aurait fortement contribué à l’expansion au-delà de la Silicon Valley. En effet, Tim Cook a récemment indiqué être favorable à un dispositif hybride dès la rentrée. Il a exigé trois jours en présentiel et deux jours à distance. “Pour tout ce que nous avons pu créer alors que beaucoup d’entre nous travaillaient à domicile, la vérité est qu’il y a eu quelque chose d’essentiel qui a manqué l’année dernière : se voir en personne”, a déclaré le PDG.

Cette décision n’a pas plu à ses employés, particulièrement après que les autres géants de la Tech aient proposé à leurs salariés de poursuivre complètement leurs activités en télétravail s’ils le souhaitaient. Si Tim Cook n’est pas prêt à faire des compromis sur cette nouvelle organisation, il compte, néanmoins, rapprocher physiquement l’entreprise de ses employés, du moins en Amérique du Nord.