Depuis Cap Canaveral, en Floride, SpaceX a envoyé sa fusée Falcon 9 avec 88 satellites à bord le 30 juin. Il s’agit du vingtième lancement de l’entreprise en 2021, près du double des lancements du monde entier en 2020. Au total, en 2021, SpaceX a envoyé 900 satellites en orbite, la majorité destinée au réseau Starlink.

SpaceX et son système de « covoiturage »

Ici, la mission, « Transporter-2 » fait partie du système de « covoiturage » de l’entreprise annoncée en 2019. Son principe est de répartir la capacité de charge entre plusieurs clients pour en réduire le coût, tout en assurant des revenus pour SpaceX.

Le premier étage de la Falcon 9 a pu se poser sans encombre un peu moins d’une dizaine de minutes après le lancement pour sa huitième utilisation. En parallèle le second étage de la fusée poussait les satellites vers l’orbite terrestre héliosynchrone.

Sur les 88 satellites, seuls 3 appartenaient à SpaceX. Le reste était destiné à des pays, des entreprises, des universités. En tout, une dizaine de clients.

Un renouveau pour le lancement de petits satellites

Parmi eux une nouvelle agence du Pentagon, l’Agence du développement spatiale. Ils envoient 5 appareils pour tester la communication laser entre eux et le traitement des données dans l’espace. Le but est d’éliminer le passage de l’information vers des terminaux terrestres pour communiquer plus rapidement avec les navires et les systèmes d’armements.

La société d’analyse spatiale HawkEye 360 a lancé une grappe de satellites qui vont servir à récupérer des données sur les radiofréquences. Kleos poursuit un objectif similaire : détecter et géolocaliser les transmissions de radiofréquences maritimes.

36 des 88 satellites de la Falcon 9 de SpaceX provenaient d’une même entreprise, Spaceflight. C’est, en réalité, un intermédiaire pour 14 autres entités. Spaceflight est spécialisé pour l’organisation de la charge utile, en particulier pour les petits satellites.

SpaceX a lancé le programme SmallSat pour transporter des appareils de la taille d’une boîte à chaussure avec un prix de départ d’un million de dollars. L’entreprise d’Elon Musk participe à renouveler le secteur des petits satellites, longtemps contraint d’attendre qu’un espace se libère dans les lanceurs classiques.

Le petit coup de gueule d’Elon Musk contre la FAA

Seul petit accro pour le lancement 127 de SpaceX, un compte à rebours arrêté à 11 secondes du départ le 29 juin. En cause, le passage d’un hélicoptère dans l’espace aérien délimité par la Fédéral Aviation Administration (FAA). L’occasion pour Elon Musk d’un tweet acerbe sur la taille démesurée des zones d’exclusions aérienne mise en place par la FAA. Une critique qu’il n’est pas le seul à formuler.

L’administration a promis des tests opérationnels pour l’organisation d’un nouveau système dans les mois qui viennent. Un essai attendu pour SpaceX qui d’ici la fin 2021 aura l’occasion de battre le record de 26 lancements de 2020, ce qui est bien parti.