Réunis lundi 14 juin 2021 à Bruxelles, les dirigeants de l’OTAN ont déclaré que leur politique de défense collective pourrait être revue pour inclure les attaques dans l’espace et le cyberespace. Une manière de mettre en garde la Chine et la Russie, qui opèrent dans les deux domaines.

L’espace, préoccupation de l’OTAN

Dans une déclaration lors du sommet annuel de l’organisation, les dirigeants ont indiqué qu’ils “considéraient que les attaques vers, depuis ou dans l’espace” pourraient être un défi qui menace “la prospérité, la sécurité et la stabilité nationale et Euro-Atlantique, et pourrait être aussi préjudiciable aux sociétés modernes qu’une attaque conventionnelle”. En effet, l’espace est une des préoccupations majeures des Alliés. Récemment, dans le cadre du projet Artemis, huit pays ont signé un traité pour garantir la paix dans l’espace. Or, la Russie et la Chine ne faisaient pas partie des signataires, et ont même décidé de se rapprocher en tournant le dos aux initiatives occidentales.

L’OTAN, qui a mentionné plusieurs fois la Russie et la Chine dans sa déclaration, a affirmé que “de telles attaques [dans l'espace] pourraient conduire à l’invocation de l’article 5 [la clause de défense collective]. Une décision quant au moment où de telles attaques conduiraient au recours à l’article 5 sera prise par le Conseil de l’Atlantique Nord au cas par cas”. L’organisation veut coûte que coûte protéger ses satellites. Pour cause, sur 2000 d’entre eux en orbite autour de la Terre, plus de la moitié est exploitée par des pays membres de l’OTAN. L’année dernière, certains d’entre eux avaient étrangement été suivis par des satellites russes.

L'organisation n'oublie pas le cyberespace

Les Alliés reconnaissent que “l’impact d’importantes cyberactivités malveillantes cumulées pourraient, dans certaines circonstances, être considérés comme équivalentes à une attaque armée”. Ces propos font suite à la cyberattaque de SolarWinds, qui avait frappé des agences gouvernementales et des entreprises américaines. La Russie avait été tenue responsable par le gouvernement et sanctionnée par le Président Joe Biden. “Tant que la Russie ne montre pas qu'elle respecte le droit international et qu'elle honore ses obligations et responsabilités internationales, il ne peut y avoir de retour à la normale", ont averti les pays membres. "Nous restons ouverts à un dialogue périodique et substantiel", ont-ils assuré.

Malgré tout, les Alliés ont assuré qu’ils ne souhaitaient pas entrer en conflit avec les deux pays, mais que leur coopération représentait “une nouvelle dimension et un défi sérieux pour l’OTAN”. Ils reverront ainsi le concept stratégique de l’Alliance adopté en 2010 pour être prêts à faire face aux éventuelles menaces qui pourraient avoir lieu dans l’espace ou le cyberespace.