Le Bundeskartellamt, autorité allemande chargée de la concurrence, a annoncé l’ouverture d’une enquête sur Google News Showcase, le service de Google mettant en avant le contenu de médias partenaires.

Lancé en octobre 2020 en Allemagne et au Brésil, puis un peu plus tard en France, Google News Showcase est un programme d’1 milliard de dollars mené par la firme de Mountain View. Son objectif est de promouvoir des articles longs de manière qualitative à l’aide de chronologies, de listes à puces ou encore d’articles connexes. Les médias en partenariat avec Google seront rémunérés pour cela, et c’est justement ici que le régulateur allemand s’interroge.

S’il admet que le service offre de l’information de qualité aux internautes tout en permettant aux médias de s’enrichir, il émet quelques doutes quant à ses répercussions. « Il faut toutefois veiller à ce que cela ne conduise pas à une discrimination entre les éditeurs individuels. La position forte de Google dans l'accès aux clients finaux ne doit pas non plus conduire à une éviction des offres concurrentes des éditeurs ou d'autres fournisseurs de nouvelles », déclare ainsi le Bundeskartellamt dans un communiqué.

L’enquête fait suite à une plainte déposée par Corint Media, et va également s’intéresser aux conditions établies entre la firme de Mountain View et les éditeurs partenaires, et va en outre déterminer si l’intégration de Google News Showcase dans le moteur de recherche est « susceptible de constituer un auto-référencement ou une entrave aux services proposés par des concurrents tiers ». Enfin, le régulateur allemand veut savoir si Google tente de contourner les droits voisins du droit d’auteur européen à travers son service.

« Showcase est un programme international de licences pour les actualités - la sélection des partenaires est basée sur des critères objectifs et non discriminatoires, et le contenu des partenaires n'est pas privilégié dans le classement de nos résultats », a déclaré, en réponse, un porte-parole du géant du web. La relation de Google avec les médias a très souvent été houleuse : alors qu’un bras de fer a opposé les éditeurs français avec l’entreprise pendant de longs mois, elle a également connu des remous en Australie, où le gouvernement a passé une loi la contraignant à rémunérer les médias.