En Pologne, au tribunal de Varsovie, Reuters rapporte que s'ouvre aujourd'hui mardi 1er juin un procès pour espionnage impliquant Wang Weijing, un ancien employé de Huawei, et un ex-agent des services secrets polonais. Parallèlement à l'ouverture de ce procès, l'Union européenne envisage toujours d'utiliser les équipements de télécommunication 5G du géant chinois.

Les deux hommes sont accusés d'espionnage pour le compte de la Chine

La Pologne a arrêté deux hommes en janvier 2019. Ils sont tous les deux soupçonnés d'espionnage pour le compte de la Chine. L'arrestation avait eu lieu dans un contexte géopolitique extrêmement tendu il y a un an et demi. C'était au moment où Meng Wanzhou, CFO de Huawei, était accusée d’avoir violé les sanctions américaines mises en place contre l’Iran. Les tensions géopolitiques entre la Chine et les États-Unis étaient alors au plus haut.

Le tribunal polonais accuse Wang Weijing d'avoir passé sept années à espionner les faits et gestes du gouvernement polonais pour le compte de la Chine. Selon les documents judiciaires : "par ses actions, il aurait renforcé les capacités de Huawei à influencer le gouvernement polonais". Il aurait travaillé avec un agent des services secrets polonais pour tenter d'influencer plusieurs services gouvernementaux. Les deux hommes nient les accusations.

Selon l'avocat de Wang Weijing, les procureurs n'auraient pas de véritable preuve d'espionnage. Huawei avait licencié son employé dès que l'affaire avait été rendue publique, mais a tout de même contribué à financer ses frais de justice... Trump avait félicité la Pologne au moment de cette arrestation. Certains observateurs avaient accusé Varsovie de vouloir convaincre les États-Unis d'accroître leur présence militaire en Pologne.

Une affaire géopolitique mondiale depuis la Pologne

L'arrestation de Wang Weijing et de l'agent des services secrets polonais avait également accentué les tensions entre la Chine et le reste du monde. À plusieurs reprises, Huawei a nié que ses équipements puissent être utilisés à des fins d'espionnage par les autorités de Pékin. Pourtant, cela n'a pas empêché les États-Unis de faire pression auprès de plusieurs pays européens pour enfoncer Huawei, et la Chine par la même occasion.

Le Premier ministre Mateusz Morawiecki a proposé un projet de loi pour exclure Huawei de la construction des réseaux 5G en Pologne. Cette proposition n'a pas encore été validée et doit l'être par le Parlement polonais. Selon le géant chinois, si le retrait de Huawei en Pologne avait lieu, cela entraînerait une perte de 12 milliards de dollars pour l'économie polonaise et un retard de plusieurs années dans le déploiement de la 5G. La Chine a prévenu que si l'Europe devait bannir Huawei, des sanctions pourraient être prises contre Nokia et Ericsson...