Le constructeur de voitures électriques Tesla a annoncé la création de son premier data center en Chine. Basé à Shanghai, il sera utilisé pour héberger les données collectées dans et par les véhicules de ses clients locaux.

« Nous avons mis en place un centre de données en Chine pour stocker localement les données - recueillies par les véhicules Tesla vendus en Chine continentale - et nous en ajouterons d'autres. Toutes les données générées par les voitures vendues en Chine continentale seront stockées en Chine » explique Tesla dans un communiqué publié sur le réseau social Weibo (un équivalent de Twitter en Chine).

Cette décision répond directement à une obligation légale dans le pays, contenue dans la Loi Cybersécurité. Depuis 2017, elle impose à toute entreprise étrangère d’héberger localement les données des utilisateurs chinois. De plus, en mars le gouvernement avait interdit à ses fonctionnaires et militaires d’utiliser ou d’acheter des Tesla. Le système de conduite ainsi que d’autres options utilisant de nombreuses caméras sur les véhicules étaient alors considérés comme un risque pour la sécurité nationale. La firme avait dû prendre la parole sur Weibo pour se défendre, en vain.

Tesla mise beaucoup sur la Chine, où l’acquisition de modèles électriques explose. Le pays compte 30 millions de nouveaux véhicules vendus chaque année. L’approche innovante de la marque face à la concurrence locale l’a érigée au même rang qu’Apple pour les smartphones en Chine. L’été dernier, le pays représentait 23,3% des revenus de Tesla. Cependant, la mauvaise pub créée par son interdiction pour les fonctionnaires a entraîné une importante chute des commandes. En avril 2021, le nombre de véhicules vendus en Chine a baissé de 27%.

La Gigafactory de Tesla pourrait ouvrir dès le mois de mai à Shanghaï.

En 2019, Tesla démarrait la construction de sa Gigafactory à Shanghai.

La décision du gouvernement chinois a sonné comme le début d’un élan protectionniste. En réponse aux nombreuses mesures prises par les États-Unis certainement. De plus, laisser un constructeur américain voler la vedette aux marques locales ne semble pas être envisageable. Les géants de technologies chinois comme Huawei, Xiaomi, ou Baidu se rapprochent des acteurs chinois afin de contribuer à leur développement. En peu de temps, 19 milliards de dollars ont déjà été investis dans des projets de voitures électriques et de conduite autonome.

Enfin, Tesla n’est pas le seul géant américain à plier face à Loi Cybersécurité. Y voyant un marché stratégique depuis plusieurs années, Apple a accepté dès 2018 le transfert des données iCloud des utilisateurs chinois. Ce vaste projet de migration doit prendre fin le mois prochain.