Un nouveau rapport diffusé par The Information, montre que plusieurs fournisseurs d'Apple en Chine pourraient avoir eu recours au travail forcé en Chine. Le média a travaillé en collaboration avec deux groupes de défense des droits de l'Homme pour identifier sept entreprises en particulier. Chacune d'entre elles a travaillé avec Apple. Elles ont toutes soutenu le travail forcé des ouïghours, orchestré par le gouvernement de Xi Jinping.

Apple n'est pas le seul géant visé dans ce rapport

Les programmes de travail gérés par le gouvernement sont dans la plupart des cas une couverture pour le travail forcé des ouïghours ou d'autres communautés musulmanes. Le rapport montre clairement que les travailleurs en question peuvent être emprisonnés s'ils refusent de participer à ces programmes. Ceux qui se retrouvent sur ces listes sont bien souvent emmenés loin de chez eux pour travailler dans des camps de travail forcé. Certains fournisseurs se trouvent justement dans la province du Xinjiang, le berceau historique des ouïghours.

Au cours de son enquête, The Information a interpellé Apple sur ce sujet. Un porte-parole de l'entreprise a répondu que : "Apple n'a trouvé aucune preuve de travail forcé. Dans le cadre de chaque collaboration, nous recherchons un éventuel programme de travail forcé avant d'entamer une relation avec un fournisseur. Nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger les travailleurs et nous assurer qu'ils sont traités avec dignité et respect". Dans son enquête, le média montre que ce phénomène n'est pas propre à Apple. Ces mêmes fournisseurs ont également travaillé avec Microsoft, Amazon, Google et Facebook, entre autres.

Désormais, on comprend mieux pourquoi plusieurs géants américains tentaient d'affaiblir un projet de loi sur le travail forcé des ouïghours à l'automne 2020. Il y a quelques mois, de grandes entreprises comme Nike, Coca-Cola ou justement Apple, tentaient d’empêcher un projet de loi pour la prévention du travail forcé des ouïghours, de voir le jour. Désormais nous savons que leurs intérêts divergent de ceux de ces minorités opprimées : leurs chaîne de production repose en partie sur ces programmes. Ils avaient donc fait pression sur le Congrès, pour allonger les deadlines et suggérer une meilleure prise en considération de leurs intérêts.

Le travail forcé en Chine sort de l'ombre

Le travail forcé en Chine commence à sortir de l'ombre. De plus en plus de journalistes infiltrés permettent de faire éclater la vérité. BuzzFeed News a par exemple indiqué avoir trouvé plus de 100 centres de détention situés à côté des usines du Xinjiang. En mars 2020, ABC News démontrait que les travailleurs ouïghours sont carrément piégés dans les usines technologiques chinoises. Les travailleurs forcés seraient piégés dans une enceinte "fortifiée", observés par des caméras de sécurité et surveillés par des gardes à l'entrée, à longueur de journée.

Pour James Leibold, spécialiste de la politique ethnique chinoise : "les chinois pensent que ces gens sont peu éduqués, isolés, arriérés, et qu'ils ne parlent pas le mandarin". Les travailleurs de l'usine OFILM, une gigantesque usine située à Nanchang, sont empêchés d'en sortir. Là-bas, ils fabriquent du matériel technologique pour les sociétés suivantes : Apple, Samsung, Lenovo, Dell, HP, LG et Huawei. Avec ce travail forcé, certains experts estiment que la Chine est en train de commettre un "génocide contre les ouïghours et d'autres groupes ethniques et religieux minoritaires du Xinjiang".