À son tour, Uber a dévoilé ses résultats trimestriels sur son site. L’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires de 2,9 milliards de dollars pour la période de janvier à mars 2021, soit 11% de moins que la même période l’année dernière. Uber assure pourtant que la sortie de la crise sanitaire est bien entamée grâce aux livraisons de repas et aux courses de passagers.

108 millions de dollars de pertes pour Uber

La pandémie n’a pas épargné Uber. Au fil des mois, les confinements se sont répétés et sa branche “mobilité” en a pris un coup. Malgré tout, l’entreprise se relève doucement, mais sûrement. Au quatrième trimestre 2020, elle avait enregistré 968 millions de dollars de pertes. Pour ce premier trimestre 2021, le chiffre a considérablement diminué.

Entre janvier et mars, Uber a accusé une perte nette de 108 millions de dollars. Une lueur d’espoir pour la firme américaine, qui enregistrait 3 milliards de dollars de pertes au premier trimestre 2020, soit le début de la crise sanitaire. Les ventes d’ATG, Jump et Uber Elevate ont, comme au dernier trimestre 2020, fortement contribué à la diminution des frais de l’entreprise, tout comme la réduction de ses effectifs.

D’autre part, l’impossibilité de voyager et parfois même de sortir de chez soi au cours des derniers mois a permis à l’activité d’Uber Eats d’exploser. En effet, si les réservations d’Uber ont augmenté de 24% par rapport à la même période l’année précédente et atteignent désormais 19,5 milliards de dollars, 12,5 milliards proviennent de la livraison de nourriture. Une augmentation de 270% qui ne faiblit pas malgré la réouverture des restaurants dans certaines grandes villes du monde comme Sydney ou New York.

Un chiffre impacté par le changement de statut des chauffeurs britanniques

Même si les réservations d’Uber augmentent petit à petit, au point de dépasser les prévisions des analystes, son chiffre d’affaires est toujours en baisse. Si la pandémie est une des raisons évidentes de cette diminution, le chiffre a lourdement été impacté par le changement de statut des chauffeurs Uber au Royaume-Uni. En effet, ce sont 600 millions de dollars qui ont été nécessaires à l’entreprise pour octroyer le statut de travailleurs salariés à ses employés britanniques.

La reprise dépendra donc de l’envie des utilisateurs de se déplacer à nouveau, mais aussi de celle des chauffeurs, qui sont 22% de moins que l’année dernière. Ces derniers mois, la plupart d’entre eux ne voulaient plus prendre le volant par peur de tomber malade, mais aussi à cause de leur statut de travailleurs indépendants. Comme au Royaume-Uni, le sujet pose problème aux États-Unis. L’année dernière, Uber était passé entre les mailles du filet de la loi californienne, qui devait contraindre les entreprises de la “gig economy”, soit l’économie à la tâche, à revoir le statut de leurs chauffeurs en employés.

Or, mercredi, l’administration de Joe Biden a décidé d’annuler une réglementation adoptée au début de l’année sous Donald Trump, rendant plus compliquée pour certains travailleurs d’avoir un statut d’employé. Elle permettait notamment à Uber de conserver son modèle de travail. "Nous restons déterminés à ce que les employés soient reconnus clairement et correctement lorsqu'ils sont, de fait, des employés, afin qu'ils reçoivent les protections prévues", a expliqué le secrétaire américain au Travail, Marty Walsh, cité dans un communiqué.

Malgré les difficultés, Dara Khosrowshahi, le PDG d’Uber, n’en reste pas moins positif quant aux prochains mois qui attendent l’entreprise californienne. "Nous voyons enfin de la lumière au bout du tunnel, avec les vaccinations en hausse, la baisse des taux d'infection et la levée des restrictions de déplacement", a-t-il déclaré lors d'une conférence téléphonique avec des analystes.