Ce mardi 4 mai, pendant plusieurs heures, des sites web gouvernementaux et universitaires ont été rendus indisponibles en raison d'une cyberattaque dont l'origine n'est pas encore connue. Selon The Register, c'est une attaque DDoS sur le réseau Belnet qui a entraîné une réduction du débit en Belgique. La cyberattaque a commencé à 10 heures, et a duré jusqu'à 16 heures. Les équipes techniques ont réussi à atténuer les effets de l'attaque dans le courant de l'après-midi.

La Belgique visée par la Chine ?

Ce n'est pas une cyberattaque anodine pour Samuel Cogolati, député écologique belge. Selon lui, l'heure de l'attaque correspond parfaitement avec la tenue d'une réunion d'une commission parlementaire chargée de déterminer s'il convient d'accuser la Chine de génocide concernant le traitement des musulmans ouïghours. D'autres questions étaient à l'ordre du jour, mais ce sujet était certainement le plus brûlant. Les travaux du Parlement ont été interrompus alors qu'une femme ouïghour devait s'exprimer virtuellement, devant des responsables politiques belges sur ce qu'elle a vécu dans les camps chinois.

Plusieurs sites web (environ 200) gouvernementaux en .be comme le site web du Parlement belge, celui de la Cour administrative suprême de Belgique, du ministère des affaires économiques ou encore du ministère des finances ont été touchés durant cette attaque DDoS. D'autres services tels que le portail sur le vaccin contre le Covid-19 ont également été mis hors service. En tout, ce sont 200 sites qui ont été frappés par cette cyberattaque, dont l'origine n'a pas été revendiquée.

De plus en plus de preuves du mauvais traitement des ouïghours

Pourtant, pour Samuel Cogolati, cela ne fait aucun doute : le gouvernement chinois est bien derrière cette attaque contre la Belgique. Il estime que la commission parlementaire dont il fait partie a directement été visée par cette cyberattaque. Les parlementaires devaient échanger à propos des actions de persécution de Pékin envers les ouïghours. Aujourd'hui, la Chine continuer de nier les allégations de l'Occident à propos du mauvais traitement de cette communauté, alors que les preuves s'accumulent.

De récentes recherches effectuées par IPVM montrent que plusieurs géants technologiques chinois auraient aidé le gouvernement de Xi Jinping à identifier les ouïghours. Huawei et Alibaba sont notamment visés par une enquête à ce sujet. Huawei aurait par exemple développé une technologie de reconnaissance faciale capable d'alerter le gouvernement chinois lorsque le visage d'un membre de la communauté ouïghour est reconnu. Les deux géants se défendent de ces accusations, un porte-parole d'Alibaba a déclaré que : "la discrimination raciale ou ethnique ou le profilage sous quelque forme que ce soit viole les politiques et les valeurs d'Alibaba".